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JO 2024 : l'insurrection française contre le slogan Made for sharing se poursuit (Le Figaro 17/02/2017)

Mis à jour : 17 Fév 2017

Par Marie-Noëlle Tranchant
Publié le 17/02/2017 à 19h07
Même si le groupement d'intérêt public (GIP) a tenté de rectifier le tir, le mal est fait. Trois associations nationales de défense de la langue française ont saisi le Défenseur des droits et déposé un référé devant le tribunal administratif de Paris pour obtenir que cette formule soit en français.

La polémique continue contre le slogan en anglais «Made for sharing», choisi pour accompagner la candidature de Paris aux JO de 2024. Après la protestation de l'Académie française contre ce slogan «pour pizzas», trois associations nationales de défense de la langue française ont saisi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, par l'intermédiaire de leur avocat, Maître Emmanuel Ludot, qui a également déposé un référé devant le tribunal administratif de Paris pour obtenir que cette formule soit en français. La même demande a été transmise par lettre aux présidents du comité de candidature Paris 2024, Bernard Lapasset et Tony Estanguet.
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Contre l'abaissement du français

Pour le GIP (Groupement d'intérêt public) olympique, il y a une méconnaissance de la situation: d'une part, explique-t-on au service de presse, le slogan est en anglais et en français «les deux langues officielles de l'olympisme». D'autre part, il s'agit de convaincre le monde, via le Comité international olympique, de choisir Paris. «Nous sommes extrêmement attachés à la promotion de notre pays, de ses valeurs, de la langue française, explique Étienne Thobois, le directeur général de Paris 2024. Et la meilleure manière de les promouvoir, c'est d'accueillir les Jeux à Paris en 2024. Pour gagner, il faut garder en tête que les membres du CIO qui voteront à Lima ne seront pas français. C'est pourquoi, à l'instar de toutes les organisations qui s'adressent à un public international, nous avons fait le choix de nous exprimer en français et en anglais.»

Cependant, pour Christian Tremblay, président de l'Observatoire européen du plurilinguisme (OEP), l'équivoque de fond n'est pas dissipée: «Le GIP a peut-être rectifié en rajoutant la langue française. Mais l'erreur de base a été commise. Elle vient du petit milieu des agences de com., obsédées par la croyance que seul l'anglais permet de délivrer un «message universel». L'anglais n'est ni universel, ni même complètement international: il y a 1,5 milliard d'anglophones sur 6 milliards d'êtres humains. Nous ne sommes pas contre l'utilisation de l'anglais, mais contre l'abaissement des autres langues au nom de la domination artificielle d'une seule. La charte olympique dans sa dernière version d'août 2016, outre les deux langues officielles, le français et l'anglais, fait place à diverses langues, dont naturellement celle du pays d'accueil».
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