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Pourquoi est-on plus à l’aise pour dire des grossièretés dans une langue étrangère ? (Le Monde)


Mis à jour : 30 Mar 2017

Si vous dites plus volontiers des grossièretés ou des choses très intimes dans une autre langue, sachez que cela porte un nom, la « résonance émotionnelle réduite ».

LE MONDE | • Mis à jour le | Par
Wilhelmiina Toivo est finlandaise, mais elle étudie la psychologie à l’université de Glasgow : après une rigoureuse éducation à la bonne manière de parler, les jurons la mettent particulièrement mal à l’aise... jusqu’à son déménagement en Ecosse, où elle se trouve beaucoup plus à l’aise pour dire des grossièretés, mais aussi pour parler de détails de sa vie intime avec ses colocataires, venues de toute l’Europe.
La doctorante, qui explique son projet de recherche dans une tribune du Guardian, observe en fait un mécanisme bien plus vaste que sa propre expérience.
« Jurer et parler de mes émotions n’était pas seulement facile parce que les étudiants sont à l’aise entre eux, ou parce que je me sentais libérée d’être loin de chez moi. L’effet que j’observais était plus profond, et touchait un nombre important de gens vivant dans des contextes plurilingues. »
De nombreuses personnes plurilingues décrivent en effet l’impression de ressentir moins de choses dans leur seconde langue, qui ne porte pas le même « poids émotionnel » que la langue maternelle. En se sentant moins lié émotionnellement à la langue que l’on parle, on peut plus facilement jurer et/ou raconter des détails de sa vie intime. Le terme scientifique pour cela est « résonance émotionnelle réduite du langage », nous apprend Wilhelmiia Toivo. Un phénomène « plutôt bien établi », mais dont de nombreux aspects « restent mystérieux ». C’est justement l’objet de ses recherches. 

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