Sport et langues

Flyboard : les publicitaires en panne de créativité

Last Updated: 28 Jul 2019

© Libération / AFP - Franky Zapata sur son Flyboard au-dessus des Champs-Elysées le 14 juillet 2019.

Nous avons vu apparaître dans la presse le terme flyboard à propos de l’exploit (à venir) du français Franky Zapata. En consultant Wikipédia, nous découvrons que flyboard est le nom de marque commerciale créé par ce dernier pour sa société spécialisée dans la fabrication d’engins hydropropulsés (ESH). La fiche Wikipedia explique que le flyboard est un type de jetpack nautique (réacteur dorsal) raccordé à une motomarine (Jet ski) qui lui fournit de l’eau sous pression.

Le dernier engin mis au point par Franky Zapata est d’un autre type puisque le socle, la planche, la plaque, la plateforme, sur laquelle se tient la personne, est propulsée par quatre turbo-réacteurs.

Ces mots sont peut-être déjà étudiés par les commissions de terminologie de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, mais si ce n’est pas le cas, il faudrait faire vite pour proposer une terminologie adéquate, convaincante et facilement popularisable.

Il est intéressant de constater que les polices municipales ont de plus en plus recours à de nouveaux engins Gyropode, sous le nom de gyropodes, très promus par les grands distributeurs (FNAC, Amazon, Cdiscount, etc.) en concurrence verbale avec hoverboard, terme beaucoup moins pertinent, to hover en anglais signifiant planer.

N’étant pas terminologue, nous nous contenterons de quelques suggestions :

  • Flyboard dans sa version hydropropulsé pourrait avoir comme équivalent hydropode ;
  • Flyboard dans sa version à quatre turbo-réacteurs pourrait avoir comme équivalent turbopode ;
  • Et flyboard comme terme générique pourrait être avantageusement remplacé par propulseur personnel.

La fiche de Wikipédia concernant le terme gyropode comporte une observation curieuse et inquiétante. Il y est dit :

« Cet article adopte un point de vue régional ou culturel particulier et nécessite une internationalisation. »

Cette observation est pour le moins équivoque. Sans doute fait-elle allusion à ce passage où l'auteur évoque l'origine du terme.

"Le terme « gyropode », du grec γῦρος / gỹros, « cercle » et ποδός / podos, « pied », est issu de discussions de François Coenen et Bertrand de La Tour d'Auvergne le et a été utilisé la première fois dans les Cahiers de la Ligue urbaine et rurale du 2e trimestre 2007.[réf. nécessaire]

Il a été repris en France par la Commission générale de terminologie et de néologie, et publié au Journal officiel le [3].

L'appellation anglaise est dicycle (en)."

Comme on le voit, gyropode est dérivé du grec gyro, cercle, et pod, pied. En espagnol et en italien, cela donne probablement ou devrait donner giropodo, en roumain giropod, etc. Pour turbo, il n’y pas non plus de difficulté.

Pour l’anglais, on n’imagine pas non plus de difficulté, s’agissant d’une langue largement greco-latine. Pour le chinois, c’est une autre affaire.

Devons-nous accepter que des publicitaires incultes continuent de gouverner nos langues ?

That is (one of) the question(s) !

L'OEP