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Institutions européennes et internationales

« Nouvelle carte d’identité bilingue français-anglais: un symbole très fâcheux » (H. Carrère d'Encausse et F. Vitoux)


Last Updated: 22 Apr 2021

TRIBUNE - La nouvelle carte nationale d’identité surprend: son titre et ses rubriques sont tous traduits en anglais, et, de surcroît, en anglais exclusivement. Ce n’est pas acceptable, expliquent Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française et l’académicien Frédéric Vitoux.

La nouvelle carte nationale d’identité surprend: son titre et ses rubriques sont tous traduits en anglais, et, de surcroît, en anglais exclusivement. Ce n’est pas acceptable, expliquent le secrétaire perpétuel de l’Académie française et l’académicien*.

Dès l’été prochain, les citoyens français, comme ceux des États membres de l’Union européenne, doivent être dotés d’une nouvelle carte d’identité conformément aux exigences d’une directive bruxelloise de 2019. L’idée est certainement judicieuse, propre à garantir une meilleure sécurité du document et à faciliter les contrôles et la circulation. Mais la mise en œuvre de cette idée en France a fort étrangement tourné au ridicule, voire au scandale. Le projet qui nous est proposé est une carte bilingue rédigée en français et en anglais.

Certes la directive stipule que cette nouvelle carte d’identité doit être traduite dans au moins une langue de l’Union. Mais dans leur zèle à l’appliquer les auteurs de ce projet ont ignoré un certain nombre de réalités, et tout d’abord ce que demandait précisément la directive. Elle stipule que ce qui doit être obligatoirement traduit est le titre du document - carte d’identité - le reste étant laissé à l’initiative de chaque pays membre.

Plus encore, si la directive précise que la traduction doit être faite dans une ou plusieurs langues de l’Union, elle n’évoque pas de recours obligatoire à la langue anglaise. Le projet français ignore ces limites et, plus encore, il ne tient pas compte du Brexit qui a éloigné l’Angleterre de l’Union et par là même affaibli en son sein la position de la langue anglaise.

De surcroît, et c’est peut-être le plus grave, les auteurs de ce projet ont oublié que la langue française est le marqueur premier de l’identité française, et ce qui unit la collectivité des Français...

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