De la "novlangue" au "néoparler" : la nouvelle traduction de 1984
Le chef d'oeuvre de George Orwell, publié en France en 1950, n'avait bénéficié que d'une seule traduction en l'espace de 68 ans. A la traduction de 1984 signée Amélie Audiberti va succéder, jeudi prochain chez Gallimard, celle de Josée Kamoun. D'après l'éditeur, cette nouvelle traduction doit permettre de "restituer la terreur dans toute son immédiateté mais aussi les tonalités nostalgiques et les échappées lyriques d'une œuvre brutale et subtile, équivoque et génialement manipulatrice".
De la "novlangue" au "néoparler"

"Ce qui importe avant tout, c’est que le sens gouverne le choix des mots et non l’inverse. En matière de prose, la pire des choses que l’on puisse faire avec les mots est de s’abandonner à eux", affirmait George Orwell. Traduire un auteur qui a tant réfléchi au sens et au poids des mots s'avère être une tâche particulièrement délicate. Pour Josée Kamoun, ce soin apporté par Orwell à ses choix linguistiques n'est pas étranger au "plaisir qu'elle a eu à le retraduire". Elle a ainsi décidé de conserver certaines traductions, telle "Big Brother", alors même que les différentes versions européennes de l'ouvrage lui ont préféré, dans leurs langues respectives, la traduction "Grand Frère" en référence au "Grand Frère" soviétique...

(Ré)écouter l'émission

http://www.editions-eres.com/ouvrage/4007/la-novlangue-manageriale

érès, Collection « Sociologie clinique » – ISBN : 978-2-7492-5371-8 – février 2017

Préface de Gilles HERREROS

Comment la « novlangue managériale » empêche-t-elle d’exprimer le mal être, les désirs, les aspirations du sujet ? Cet ouvrage explore la source langagière de ces entraves et les voies possibles pour s’en dégager.

Nourri d’une recherche socio-anthropologique, cet ouvrage présente une analyse du langage utilisé dans le management en articulant les registres de la pensée, de l’éprouvé et de l’action. Avec des illustrations saisissantes et des références théoriques diversifiées, l’auteur analyse les dévastations qu’occasionne le management moderne en toute tranquillité, en toute impunité. En effet, il ne fait pas que provoquer le mal-être au travail. Par l’utilisation de sa novlangue (en référence à George Orwell), il participe aussi et surtout au corsetage des imaginaires, au façonnage des univers symbolique, au formatage des émotions, à l’écrasement des intelligences individuelles et collectives. Démontant le processus d’intériorisation du discours dominant, l’auteur donne des outils pour faire face à la violence plus ou moins ordinaire à l’œuvre dans les organisations.

Pour en savoir plus

07/10/2011- Vox europ- Süddeutsche Zeitung Magazin- Axel Hacke

Pour désigner le fonds de sauvetage de l'euro, les Allemands utilisent un mot qui signifie "parachute", "parapluie" ou parasol. Pratique pour s'épargner les détails des mécanismes financiers mis en place, cette métaphore ne tient cependant pas la route, explique le chroniqueur Axel Hacke.

L'Harmattan , février 2008

ISBN : 978-2-296-04996-3