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Politiques et droits linguistiques

Personne n'enlèvera aux Allemands la liberté de fabriquer leurs propres vocables !


Última actualización: 6 Jul 2008

Dans cet article, paru dans un numéro spécial célébrant le dixième anniversaire de l'Association pour la Langue Allemande (VDE), Kurt Gawlitta, éminent défenseur des langues européennes, démontre que l'introduction de termes anglais en allemand n'est pas due à un manque de créativité de celle-ci mais à la volonté délibérée des grands acteurs de la vie économique de défendre ainsi leurs intérêts financiers.

C'est pourquoi il exhorte son association à manifester moins de frilosité et à agir ouvertement afin d'offrir au consommateur allemand, inconscient de la valeur et de l' importance de la langue nationale tant sur la plan individuel que sur le plan social, la possibilité de disposer d'une terminologie allemande pour désigner les réalités nouvelles, soit en puisant dans les ressources de la langue, soit en germanisant des mots étrangers.

En appeler au monde de l'économie dont le mot d'ordre "un seul monde, une seule langue", conduit au tout anglais, serait vain. Il faut une  une prise en charge politique du problème.

Même si la tradition des deux pays est différente, l'Allemagne pourrait s'inspirer de l'exemple de la France, où l'Etat, à travers des commissions ministérielles, l'action de l'Académie Française, la loi "Toubon", contrôle et oriente les travaux sur l'évolution de la langue et la création de mots nouveaux.

Après avoir analysé cinq possibilités, de la Conférence des Ministres de la Culture (KMK) à une commission mixte composée de membres de ministères et de fondations privées compétentes, Kurt Gawlitta estime que l'instance la plus apte à - forte d'un soutien officiel-  mener la tâche de faire évoluer la langue allemande à travers la création de mots nouveaux à partir de ses ressources propres, est l'Association pour la Langue Allemande (VDE) elle-même. Elle jouit en effet d'une grande considération, connaît et sait démonter les arguments fallacieux de ceux qui tolèrent, voire prônent les anglicismes.

Déclarer, dans la Constitution, la langue nationale comme la norme à atteindre, serait un premier pas dans le bon sens.