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Appels à communication 2018

Appel à communications Voix africaines - Voix émergentes. Langues, développement et dynamiques interculturelles

Mis à jour : 29 Déc 2017

22-23-24 mai 2018

AMPHI BUFFON (Université Paris Diderot)

Nous avons le plaisir de vous informer que l’UFR d’Études interculturelles de langues appliquées (EILA), ainsi que les laboratoires ICT (EA 337) et CLILLAC-ARP (EA 3967) de l’Université Paris Diderot organisent les 22, 23 et 24 mai 2018 un colloque international et transdisciplinaire, « Voix africaines – Voies émergentes. Langues, développement et dynamiques interculturelles » qui propose d’envisager le continent africain par le prisme du concept de développement, objet fondateur de sa définition et ses perspectives.

Ce colloque a pour but d’ouvrir des perspectives de réflexion autour des nouveaux enjeux liés aux politiques de développement, aux mutations économiques et culturelles et aux dynamismes identitaires issus des relations interculturelles que pose le développement des échanges commerciaux et économiques.

La problématique, liée aux limites géographiques du continent, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, et de leur extension à une unité sociogéopolitique révèle, s’il en était besoin, la difficulté qui se présente aux chercheurs dès lors qu’il leur faut donner à l’Afrique une définition synthétique. Si le débat est emblématique d’autres considérations identitaires, il n’en est pas moins riche de ce qui sous-tend cette difficulté dans un XXIème siècle qui peine à se dégager des errements des décennies passées.

Inscrit dans une perspective transversale et pluridisciplinaire, ce colloque sera l’occasion de s’interroger sur les voies qu’empruntent les nouvelles pensées, les recherches plurielles pour favoriser la mise en œuvre de politiques de développement dans sa dynamique interculturelle, en s’affranchissant du regard de l’Autre, et donc en créant pour soi.

En mai 2018, chercheurs, penseurs, acteurs politiques du développement viendront confronter leurs points de vue afin que se tisse, selon les trois axes proposés à l’étude, une représentation des perspectives africaines possibles. Les politiques linguistiques et éducatives, constituent l’ouverture nécessaire à la préhension du développement dans l’ensemble de ses aspects sociolinguistiques. Seront étudiées les cohabitations institutionnelles historiques et celles qu’imposent les nécessités régionales et locales entre les langues parlées ici et là et leur inscription dans des systèmes éducatifs construits ou à formaliser. Tous les acteurs du développement y prennent leur place, représentants d’agence, d’ONG, d’entreprises. A ce titre, les membres du réseau international POCLANDE, Populations, Cultures, Langues et Développement, réunissant des experts d’horizon divers s’intéresseront aux moyens sociolinguistiques, au sens large, afin de tendre vers une efficacité nécessaire et attendue.

Consacrés aux dynamiques interculturelles, deux autres axes regrouperont les présentations d’experts d’une construction sociale faite de formes d’intégrations et de prise en compte des diversités, qu’elles s’expriment à l’échelle des territoires religieux, culturels, politiques ou économiques. Les défis qui attendent le continent africain seront envisagés à travers des actions entreprises dans les domaines stratégiques de l’interculturel, devenu ici moteur du développement par la double intégration des populations au sein de chaque État, et des peuples africains à la globalisation du siècle.

Les travaux s’organiseront autour de trois axes

Axe 1 : Langues – Politiques linguistiques – Développement

Cet axe est centré sur les enjeux des politiques linguistiques et éducatives en cours dans les États africains où le multilinguisme est une donnée incontournable. L’histoire de ces jeunes nations fait généralement cohabiter, notamment du fait de la colonisation, une pléthore de langues locales et des langues européennes, des systèmes éducatifs formels (institutions scolaires), informels (programmes d’alphabétisation) et traditionnels (éducation traditionnelle). Les propositions de communication porteront sur un état des lieux critique de la gestion de cette hétérogénéité linguistique et culturelle et sur les perspectives que cette dernière ouvre à l’Afrique du XXIème siècle pour son épanouissement social, économique et politique.

Envisager le développement du continent africain sans prendre en compte les dimensions linguistiques et culturelles est un paradoxe qui s’explique, en grande partie, par la vision manifestement encore macroéconomique, sociale et politique du développement (cf. Abolou 2008). Or les actions hautement importantes des agences de développement ne peuvent avoir des répercussions positives sur les bénéficiaires que si les besoins réels de ces populations, considérées comme les plus fragiles, sont pris en compte au moment de la conception des actions et programmes qui leur sont destinés (cf. Severino/Debrat 2010). On imagine difficilement réalisable un tel travail si les agences de développement, les ONG et les experts étrangers dépêchés sur le terrain, souvent en situation d’urgence, ne parlent pas les langues des populations locales. Dès lors, face à cette barrière linguistique, comment faire circuler les informations utiles, comment envisager la formation des populations aux mesures de prévention sanitaire, comment apporter l’assistance technique à des paysans « francophones » qui ne maîtrisent pas ou très peu le français (cf. Tourneux 2008) ? En un mot, comment communiquer avec des populations dont les langues maternelles dominent 90% de la communication quotidienne, dans l’espace francophone (cf. Ouane/Glanz 2010 ; Sanogo 2008) ?

En outre, les agences de développement, les ONG et les experts étrangers ne sont pas imprégnés des valeurs culturelles locales, si bien que la plupart du temps, certains projets de développement dont le bénéfice est indéniable, se heurtent, dans le meilleur des cas, au manque d’adhésion des populations concernées. Il se trouve également que des intervenants locaux, locuteurs natifs, opportunément recrutés sur place pour faire « passer le message », ne sont guère instruits des techniques et des savoirs scientifiques qui sous-tendent la plupart des programmes de développement. Ce sont eux qui servent de traducteurs !

De toute évidence, une profonde réflexion sur les moyens de rendre l’aide au développement plus efficace, avec les langues et les cultures locales, s’impose. Ce colloque s’intéressera, pour ainsi dire, aux modalités de la mobilisation des ressources linguistiques et culturelles en Afrique afin de les mettre au service du développement du continent.

Axe 2 : Dynamiques interculturelles – Stratégies économiques – “Cultures et mondialisation”

Le continent africain change de visage et se trouve aujourd’hui face à de nouveaux questionnements culturels, économiques, politiques et idéologiques. Mais en miroir, c’est la communauté internationale qui repense et questionne également son rapport à l’Afrique. Cette « Afrique qui vient » (Achille Mbembé : 2017), en pleine redéfinition, constitue une nouvelle donne de la mondialisation. « Penser l’Afrique » devient dès lors un nouvel enjeu.

Si le repeuplement de l’Afrique est un défi pour elle-même, il l’est également pour le reste du monde. Autre basculement démographique attendu : le défi lié aux migrations, avec ce qu’il pose au monde comme échéance matérielle et intellectuelle. L’Afrique mondialisée impose de repenser le monde, l’économie, de repenser l’interculturel ; elle impose de re-déterminer les concepts définitoires traditionnels et d’en laisser agir d’autres, tant les nouvelles circulations, massives et culturelles, refondent l’interculturel en termes de stratégies tant linguistiques, éducatives, économiques que politiques.

Nous cherchons à mettre en évidence le dynamisme et l’intégration de l’Afrique à la mondialisation, à la globalisation mais également, et de façon singulière, à la glocalisation. Les circulations économiques et marchandes, tout comme celles des investissements y sont pour beaucoup mais également celles qu’imposent les diasporas qui participent des échanges dans leurs multiplicités et leurs pluralités, échanges des biens, des savoirs et des hommes. Ainsi le rôle des médias et des politiques culturelles pourra être étudié. Les études ethnographiques qui mettent en jeux les perspectives épistémologiques identitaires seront également partie prenante de la réflexion à l’instar d’Iribarne qui évoque en les mêlant, le rôle des cultures, des représentations de l’autre et de soi et de l’importance que cela revêt dans les relations humaines au sein des entreprises et des multinationales.

Nous souhaitons étudier tour à tour les formes de négociation, de conciliation des cultures et des cultures d’entreprises dans un continent où les pratiques évoluent vers la mise en œuvre de nouvelles stratégies. Les Ressources humaines ont aujourd’hui par exemple le vent en poupe et se font une place dans les entreprises africaines montrant par là même que les relations interculturelles deviennent fondamentales pour des sociétés qui se complexifient en se mondialisant et qui mettent en œuvre des enjeux relationnels et la représentativité de chacun.

Les relations interafricaines, les relations interculturelles au sein même du continent africain s’intensifient. L’Afrique du Nord dans ses relations avec le reste de l’Afrique forme un enjeu important des temps à venir. Les stratégies interculturelles mises en œuvre y sont essentielles. Le Maroc se fait une place comme investisseur au Sud du Sahara, tandis que la Chine ne cesse d’y progresser tant et si bien que l’on parle aujourd’hui de Chine Afrique. Que deviennent dans ces nouveaux espaces économiques et mentaux les anciens colonisateurs ? Et ne sont-ils en définitive présents que lors de conflits armés pour défendre l’idée que l’on se fait encore d’eux ?

Comment enfin, s’exprimeront les sèmes de l’interculturel liés à la plasticité, cette forme moderne de l’adaptation et de la capacité à envisager les perspectives circulatoires de la pensée et à la capacité aux changements, à la continuité et aux transformations ; ou liés à la liquidité, concept descripteur du mouvement et de la gestion des flux en zones urbaines, au cœur des mégalopoles, expression d’une postmodernité faite d’ancestralité, de traditions en mutation ou de créolisation de cultures et de pensées qui tout à la fois, portent l’époque, importent de nouveaux fondamentaux et exportent leurs différences.

Axe 3 Émergences et renouveaux – Diasporas et circulations

Les voix africaines ne se font pas entendre dans le seul continent africain. Les contraintes géopolitiques et économiques (guerres, famines, dictatures ‒ ce qu’on appelle en anglais le push factor et l’attractivité de l’Europe parfois vue comme un continent de tous les possibles (le pull factor) ont incité certaines populations à prendre le chemin de l’Europe, soit pour y refaire leur vie (avec une volonté d’intégration), soit pour un séjour limité, ce qui entraîne alors la formation de groupes diasporiques. Ces phénomènes se sont aussi produits à l’intérieur du continent africain, vers des pays jugés plus prospères (diaspora nigériane ou zimbabwéenne en Afrique du Sud). Les moyens technologiques actuels ont donné de la vigueur à ce phénomène diasporique (sites internet diasporiques, réseaux sociaux, télévisions satellitaires). La fluidité et la diversité des échanges, la multiplication des zones de contact créent des tensions mais peuvent aussi renforcer les voies d’émergence des jeunes économies africaines et permettre un renouveau de ces sociétés. Enfin les grands équilibres linguistiques ont été perturbés par les déplacements, même momentanés, de population (anglicisation du Rwanda francophone après le long exil des élites Tutsi en Ouganda, par exemple). Ces déplacements inter ou intracontinentaux, et les échanges qu’ils ont générés, pourront donner matière à des communications très diverses portant sur la culture, la langue et, plus généralement, l’identité de ces voyageurs qui apportent leur « levain d’inquiétude » (Senghor).

Comité d’organisation

Jean-Michel Benayoun, Université Paris Diderot

José Carlos Herreras, Université Paris Diderot

Elisabeth Navarro, Université Paris Diderot

Michel Prum, Université Paris Diderot

Pascal Somé, Université Paris Diderot

Jean-Philippe Zouogbo, Université Paris Diderot

Comité scientifique

Camille Roger Abolou, Université Alassane Ouattara de Bouaké (CÔTE D’IVOIRE)

Thomas Bearth, Université de Zürich (SUISSE)

Mohamed Bendahan, Université Mohamed V-Rabah (MAROC)

Jean-Michel Benayoun, Université Paris Diderot

Pierre-Robert Cloët, Université Paris Nanterre

José Carlos Herreras, Université Paris Diderot

Natalie Kübler, Université Paris-Diderot

Jean-René Ladmiral, ISIT, Paris

Heba Lecocq, INALCO

Aimée-Danielle Lezou Koffi, Université Félix HOUPHOUET-BOIGNY, Abidjan (CÔTE D’IVOIRE)

Evalde Mutabazi, École de Management de Lyon, Conseil en Management

Elisabeth Navarro, Université Paris Diderot

Olga Ouédraogo, Consultante en communication interculturelle, YEELEN Horizon

René Picon Dupré, Consultant, DécidRH

Philippe Pierre, Université Paris Dauphine

Michel Prum, Université Paris Diderot

Michel Sauquet, auteur et spécialiste des questions interculturelles

Jacques S. Silue, Université F. Houphouët-Boigny, Abidjan (CÔTE D’IVOIRE)

Pascal Somé, Université Paris Diderot

Aziz Tabouri, Directeur d’Inter Service Migrant Paris

Henry Tourneux, CNRS, INALCO

Jean-Philippe Zouogbo, Université Paris Diderot

Pré-inscription

Date limite de soumission des propositions : 30 décembre 2017

Les propositions : 350-500 mots et un CV synthétique d’une page

Langues : français, anglais, allemand, espagnol

Envoi des propositions à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Date de réponse : 15 février 2017

Frais d’inscription

Chercheurs et enseignants-chercheurs : 150 € (actes compris)

Étudiants/doctorants INALCO et P7 : gratuit (actes non compris)

Étudiants autres établissements : 45 € (actes non compris)

Accompagnateur : 60 € (actes non compris)

Auditeur : 60 € (actes non compris)

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