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Brexit

Le Royaume Uni risque un exode massif des universitaires européens après le Brexit, constate un rapport

Mis à jour : 25 Déc 2017

Un tiers du personnel enseignant de langues et d’économie vient de l’UE et celui-ci a besoin de plus de clarté sur son statut, affirme une étude de la British Academy.
Le risque potentiel pour les universités du RU d’une fuite des universitaires après le Brexit a été mis en lumière dans un rapport qui révèle qu’il y a des régions dans lesquelles près de la moitié du personnel enseignant dans certains départements est un ressortissant européen.
Le rapport de la British Academy signale que les départements d’économie et de langues modernes seront très gravement touchés si les universitaires européens quittent le RU, plus d’un tiers du personnel dans chaque domaine étant originaire actuellement d’un État membre de l’UE.
Le risque est particulièrement aigu en Irlande du Nord où un quart de tout le personnel enseignant – dans toutes les disciplines – vient d’un pays européen, tandis que dans les Midlands de l’Ouest presque la moitié du personnel de langues modernes vient de l’UE.
Les universités britanniques ont signalé au gouvernement qu’elles risquent de perdre leur personnel compétent d’origine européenne qui a besoin de plus de clarté sur ses droits après le » Brexit s’il prend la décision de rester au RU.
La British Academy, qui est la porte-parole auprès du grand public pour les études littéraires et les sciences sociales, vient d'indiquer les matières les plus en danger du fait de l' incertitude persistante à propos des règles d’immigration après le Brexit.
Les matières les plus en danger sont l’économie et les langues modernes, avec 36% d’économistes et 35% d’universitaires dans les départements de langues modernes venant des pays européens. Suivent les mathématiques (29%), la physique (28%), les lettres classiques et l’ingénierie chimique (26%) ainsi que les sciences politiques et les relations internationales (25%).
Le rapport, « Brexit means... ? », signale que les études littéraires et les sciences sociales seront très gravement touchées par tout changement défavorable aux règles sur l’immigration après le Brexit. Six des dix matières les plus en danger avec la proportion la plus élevée de personnel européen non britannique font partie des études littéraires et des sciences sociales.
Le professeur Ash Amin, chef du département de géographie de l’Université de Cambridge et secrétaire aux Affaires étrangères pour la British Academy, a affirmé : « Il est fondamental que le gouvernement prenne des mesures et mette fin à cette incertitude. Le rapport d’aujourd’hui montre précisément quel est l’enjeu : la position du RU en tant que leader mondial dans l’éducation supérieure et la recherche ».
« Le fait que le RU attire un si grand nombre de personnel étranger témoigne de la compétitivité des études littéraires et des sciences sociales. Un grand nombre de ceux qui font partie de ce vivier de talents se demanderont : est-ce que j'envisage la suite de ma carrière dans ce pays ? ».
« Nous faisons appel au gouvernement pour qu'il garantisse un droit de séjour permanent aux universitaires européens non britanniques et à leurs proches ».
Presque 40000 universitaires européens non britanniques travaillent dans les universités du RU, représentant 12% de tout le personnel à plein temps dans le secteur de l’éducation supérieure. La plupart d’entre eux travaille à Londres et dans le Sud-est de l’Angleterre où plus de 17000 universitaires sont employés dans les universités et presque 4500 travaillent en Ecosse.
Dans un rapport séparé qui a été publié mardi, le British Council soutient que, pour que le RU réussisse l’après Brexit, il faudra faire un effort pour améliorer l’apprentissage des langues. Le mandarin et l’arabe sont des langues dont le RU aura besoin, ainsi que l’espagnol, le français et l’allemand.
Le rapport « Languages for the future », signale que seulement un tiers des Britanniques sont actuellement capables d’avoir une conversation dans une autre langue, avec une diminution du nombre d’étudiants qui choisissent d’apprendre une langue étrangère moderne à l’école ou à l’université.
Les données officielles du Conseil Conjoint pour les certifications montrent qu’on a eu une baisse de 7% du nombre d’élèves en Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord ayant passé les examens de langue GCSE l' année dernière– et une baisse de 1% au niveau bac.
Vicky Gough, conseiller scolaire auprès du British Council, a affirmé : « Les langues sont précieuses pour une génération qui grandit dans un monde toujours plus connecté. Si le RU veut vraiment devenir « global(e )» après le Brexit, il faut faire des langues une priorité nationale ».
« Dans une période où les connections globales comptent plus que jamais, il est préoccupant de constater que le RU fait face à un déficit linguistique. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à être si indifférents au besoin en langues et nous devons maîtriser ces compétences. Si nous n’agissons pas pour faire face à cette carence, nous sommes destinés à perdre tant sur le plan économique que culturel».

Source: theguardian.com, 14/11/2017

Traduction: Francesca Corsetti, stagiaire à l'OEP

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