Logo de l'OEP

Appels à communication 2019

Appel à contribution – Plurilinguisme et multilinguisme en Europe (XIIIe-XVe siècles) : poétique d’un choix politique / Plurilingualism in Europe (XIIIth-XVth centuries): The Poetic of a Political Choice

Mis à jour : 15 Nov 2018

English version below

Litt&Arts – ILCEA4
Université Grenoble Alpes
21 mars 2019

Keynote Speaker: Ardis Butterfield

D’après les dernières estimations, il existerait dans le monde quelques 7 000 langues, et plusieurs milliers de variantes dialectales, parlées dans les 197 pays reconnus par l’ONU. Nous rencontrons de fait, à l’heure actuelle, de nombreux espaces de plurilinguisme, que cela soit dans un pays ne possédant qu’une seule langue nationale ou bien dans d’autres dans lesquels le plurilinguisme est institutionnalisé : la Suisse possède par exemple quatre langues nationales, la Belgique trois, et le Canada deux. Le plurilinguisme est, en d’autres termes, une norme mondiale contribuant au développement d’espaces culturels et territoriaux.

Cette dynamique n’est pourtant pas une spécificité du monde moderne : au Moyen Âge, déjà, et en particulier aux XIIIe, XIVe et XVe siècles, bien choisir la langue à laquelle on recoure est crucial. Quelle langue utiliser pour écrire le sacré, la science, la littérature ? Quelle langue employer pour communiquer dans des échanges marchands ? En contexte de plurilinguisme, le choix d’une langue plutôt que d’une autre témoigne déjà d’une hiérarchie des langues : le latin est ainsi traditionnellement la langue du sacré, de la science et de la littérature, et ne laisse place que progressivement aux langues vernaculaires moins prestigieuses. Cela ne se fait pas sans heurts dans certains domaines, notamment lorsqu’il est question de traduire la Bible pour la rendre accessible à la fin du XVe et surtout au XVIe siècle.

Certains contextes locaux, en outre, mettent en évidence le lien très fort entre le choix d’une langue nationale et la création d’une instance de pouvoir : une langue unique est en effet l’assurance d’une bonne compréhension de par le royaume des ordres donnés en haut lieu. La cour d’Angleterre, par exemple, parle français depuis la venue sur l’île de Guillaume le Conquérant au cours du XIe siècle tandis que le reste du pays use de diverses variétés dialectales du vieil anglais. Lorsque la couronne d’Angleterre s’autonomise au XIIIe siècle et souhaite bâtir un royaume autonome capable de rivaliser avec son voisin français, les auteurs s’emparent de leur langue vernaculaire pour en faire une langue de culture, et donc de prestige, contribuant ainsi à la création d’une unité culturelle et linguistique.

Le choix d’un dialecte, son accession au rang de langue nationale ou administrative, son usage pour les lettres ou la science est un ensemble de préoccupations européennes : toute construction politique (un royaume, une confédération) ou culturelle (les assemblées joyeuses, les lieux de production et de vente des codex, les productions spectaculaires) est immanquablement confronté à plusieurs impératifs. Non seulement il faut être compréhensible auprès de son public de destination qu’il soit clerc, noble ou badaud, mais il faut encore aussi véhiculer à dessein ou indirectement les valeurs politiques et culturelles attachées à cette langue.

Notre appel à contribution vous invite dès lors à vous questionner sur les interfaces géographiques et textuelles où existe le plurilinguisme, les rapports de force et de complémentarité entre les diverses langues, la place des citations, et celle des traductions.

Les propositions de communication en anglais ou en français d’une longueur de 300 à 400 mots, ainsi qu’une courte notice biobibliographique sont à envoyer aux adresses suivantes Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour le 30 janvier 2019.

Plurilingualism in Europe (XIIIth-XVth centuries): The Poetic of a Political Choice

Litt&Arts – ILCEA4
Université Grenoble Alpes
21 March 2019

Keynote Speaker: Pr. Ardis Butterfield

According to the latest estimates, there would be around 7 000 languages, and thousands of dialectical variations, spoken in the 197 countries recognized by the U.N. There are, as a result, many plurilingual spaces around the globe, whether it is in a country using only one national language or in others in which plurilingualism has been institutionalized: Switzerland possesses, for instance, four national languages, Belgium has three, and Canada, two. Plurilingualism is, in other words, a norm contributing to the development of cultural and territorial spaces.

This dynamic is however far from being specific to the modern world: throughout the Middle Ages, and in particular, during the XIIth, XIVth, and XVth centuries, choosing the right language was of crucial necessity. Which language should one use to write the Sacred, science, literature? Or to communicate during commercial exchanges? In a plurilingual context, using one language instead of another betrays a linguistic hierarchy: Latin was thus usually used in the religious, scientific, and literary spheres and progressively started to give way to less prestigious vernaculars. But such a gradual erosion of Latin’s dominion was bound to create conflicts, especially when the Bible started to be translated to make it more widely available to the masses between the end of the XVth and XVIth centuries.

In some instances, moreover, the choice of a national language became synonymous with political power: imposing a unique language means a more efficient way of controlling a government. The English court, for instance, started to use a variety of Old French after the arrival of William the Conqueror in 1066, while the rest of the country continued to speak various Old English dialects. But when the crown of England freed itself from continental dominion and started to build an autonomous kingdom capable of competing with its French neighbour during the XIIIth century, clercs and poets seized their vernacular and slowly started turning it into a language of culture, and thus of prestige, contributing to the creation of a cultural and linguistic unity.

The choice of a dialect, its accession to the rank of national or administrative language, its use in literature or science, is a set of European preoccupations: all political constructions (of a kingdom or confederation) or cultural constructions (merry assemblies, places of production and sale of codexes…) are necessarily confronted with different imperatives. Not only is it necessary to be understood by one’s audience, but it is also necessary to vehicle voluntarily or indirectly the political and cultural values attached to one’s language.

This call for papers invites you, as a result, to question the geographical and textual interfaces where plurilingualism can be found; the rapport de force and complementarity between the various languages; the role of citations, and of translations.

Proposals (300 to 400 words) in French or in English, with a short biblio-biography, are to be sent to the following addresses Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. and Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. for January 30th 2019.