L’École Nationale d'administration se distinguait par son plurilinguisme. Au concours d'entrée, l'épreuve d'admission de langue pouvait porter au choix du candidat sur l’une des langues suivantes : allemand, anglais, arabe classique moderne, chinois, danois, espagnol, grec moderne, hébreu, italien, japonais, néerlandais, polonais, portugais et russe.

Par un arrêté du 16 avril, la ministre de la décentralisation et de la fonction publique, Marylise Lebranchu, prévoit une seule épreuve en anglais. Toutefois les candidats qui souhaitent passer l'épreuve dans une autre langue doivent en faire la demande. Dans ce cas l'épreuve doit porter sur l'une des langues suivantes : allemand, arabe (littéral), chinois (mandarin), espagnol, italien, portugais, russe.

On passe de 14 à 7 langues. Même à 7 langues, on pourrait dire que peu de grandes écoles offrent à l'entrée une telle variété de langues.

Pourtant, l'arrêté crée une discrimination entre candidats selon la langue choisie.

Selon que le candidat souhaite passer l'épreuve de langue en anglais ou une des six autres langues,  le traitement n'est pas le même. Pour l'anglais, c'est automatique. Pour les autres langues, il faut en faire la demande sans avoir la garantie que la demande sera acceptée.

Néanmoins, le message est clair : il s'agit de préparer le passage de 7 à 1 langue.

Or, conformément aux conclusions du Conseil européen de Barcelone (2002), le code français de l'éducation pose que "la connaissance de deux autres langues font partie des objectifs fondamentaux de l'enseignement."

L'OEP demande donc à la ministre le retrait ou la modification de l'arrêté du 16 avril pour que l'ENA conserve son ouverture linguistique et qu'elle assure aux candidats le libre choix entre les 7 langues proposées.

L'OEP