Communiqués de l\'OEP

Communiqué de l'OEP suite à son entretien avec Leonard Orban

Ultima modifica: 18 Set 2008

COMMUNIQUE

Dans le cadre des consultations menées en vue de la Communication qu'il doit faire sur la stratégie de la Commission européenne pour le multilinguisme sur la période 2009-2013, l'OEP a été reçu le 17 juillet 2008 à Bruxelles par M. Léonard Orban, Commissaire chargé du multilinguisme.

La délégation était constituée de M. Christian Tremblay, Président de l'OEP, et Mmes Babette Nieder, Vice-présidente (Allemande), Astrid Guillaume, Vice-présidente (Française), Dana-Marina Dumitriu, Secrétaire générale (Roumaine), Lidia Varga, Responsable éditoriale (Hongroise).

Au cours de l'entretien qui a duré une heure, trois thèmes ont été abordés :

1 - Langue et citoyenneté

2 - Les langues dans les systèmes éducatifs

3 - Les langues dans les entreprises.

1 - Sur le premier point, M. Orban a rappelé la doctrine de la Commission européenne concernant le site Europa. Seuls les textes normatifs sont traduits dans les 23 langues officielles. Pour le reste, la traduction est fonction de la portée du texte et des moyens disponibles. M. Orban a insisté sur le fait que les freins à la traduction sur le site Europa ne sont ni politiques, ni financiers, mais humains, les besoins en traducteurs de l'Union européenne dépassant les ressources humaines dans les langues considérées.

L'OEP estime que, dans la durée, les difficultés de recrutement qui concernent essentiellement les langues peu répandues peuvent et doivent être surmontées, à condition que la volonté politique existe. L'OEP prend acte de cette volonté politique manifestée depuis 2005 tout en constatant que le budget total des institutions européennes pour la traduction et l'interprétation ne dépasse pas 1,2 milliards d'euros, soit l'équivalent de 2 tickets de métro par an et par habitant. Il faut être conscient que le fonctionnement institutionnel de Bruxelles et de la Communauté européenne en 23 langues officielles est une première dans l'Histoire de l'Humanité, tant sur le plan politique que logistique. Il faut donc saluer toutes les initiatives qui vont dans le sens de la représentativité de nos 23 langues officielles et refuser toute idée d'une langue unique ou même d'une seule langue commune. L'OEP a par ailleurs insisté sur la nécessité d'avoir dans ce domaine une politique de transparence, ce qui le conduit à préconiser la mise en place d'un système d'évaluation sous le contrôle du Parlement européen et sur la base de règles claires et mesurables qui assurent un équilibre plus satisfaisant entre langues officielles dans la communication publique et le fonctionnement interne des institutions.

2 - En ce qui concerne l'éducation, l'OEP approuve l'objectif officiel qui date de 1984, solennellement réaffirmé lors du sommet des chefs d'Etat à Barcelone en 2002, que chaque citoyen européen possède au moins deux langues vivantes en plus de sa langue maternelle. Il a toutefois souligné que cet objectif n'avait pas encore connu de début de réalisation, à part dans quelques pays, et que dans une majorité de pays, les politiques d'offre d'enseignement linguistique s'étaient jusqu'à présent traduites par un renforcement de la suprématie de l'anglais. Tout en reconnaissant que l'éducation reste du domaine exclusif des Etats, la question reste entière des moyens de diversification de l'offre d'enseignement linguistique afin de donner une traduction concrète à l'objectif 1+2 reformulé par la notion de "langue personnelle adoptive" par le rapport d'Amin Maalouf, Un défi salutaire, que l'OEP exprime par 1+2+ pour signifier qu'il ne s'agit pas de deux langues, mais d'au moins deux langues en plus de la langue maternelle. M. Orban a exprimé son plein accord sur l'importance de mettre en oeuvre cet objectif. L'OEP estime que l'Union européenne devrait adapter ses dispositifs d'aide de manière à favoriser la diversification de l'offre d'enseignement linguistique.

3 - En ce qui concerne la situation des langues dans les entreprises, l'OEP apporte à l'action de conviction entreprise par Léonard Orban auprès des entreprises européennes mettant en valeur dans le contexte de la mondialisation l'importance des langues comme ressources économiques et facteur de cohésion sociale, et donc comme composante à part entière des stratégies d'entreprises. L'OEP a souligné la nécessité d'associer les partenaires sociaux à cette action en profondeur.

Ces trois thématiques devant être largement débattues lors des 2e Assises européennes du plurilinguisme qui auront lieu à Berlin en mai 2009, l'OEP a remis une invitation aux Assises à Léonard Orban qui en a accepté le principe.