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Du côté des créateurs

"J'écris dans les deux langues, le français et le serbo-croate", l'histoire d'un écrivain régugié politique

Ultima modifica: 26 Ago 2017

Article paru dans le Monde, section "Tribune", sous le titre

« L’exil exige de bien doser sa visibilité »

Velibor Colic

Ecrivain

Refaire sa vie (4/6). L’émigration politique, témoigne l’écrivain d’origine bosniaque Velibor Colic, est une renaissance contrainte, pleine de contradictions, entre l’amour du pays quitté et celui porté au pays d’accueil.

e m’appelle Velibor Colic et je suis réfugié politique. Entre le ciel et la terre, j’occupe un espace de 104 kg et de 195 centimètres. Selon mes estimations, je suis trop sage, trop blond, beau et talentueux, trop intéressant et charmant pour être un migrant. Je suis polyglotte. Dans ma vie d’avant, j’étais parfois patriote. Depuis, je porte des lunettes.

J’écris dans les deux langues, le français et le serbo-croate. Mais il me semble que maintenant j’ai un accent, même en écrivant. C’est ainsi. Ma frontière, c’est la langue ; mon exil, c’est mon accent. J’habite mon accent en France depuis vingt-cinq ans. Tout une vie, en fait. Et je me sens bien, tellement bien qu’il m’arrive souvent de penser : tiens, je suis français.

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