« Affaire Amanda Gorman » : « La traduction, métisse, mixte par définition, est “queer” de facto » (Le Monde, 11 avril 2021),


Ultima modifica: 16 Apr 2021

Si l’on ne peut traduire la jeune poète noire sous prétexte que l’on est blanc et non binaire, l’étape suivante risque d’être que les gens ne puissent pas la lire non plus, écrivent, par la voix de Suzanne Dracius, les membres du Parlement des écrivaines francophones dans une tribune au « Monde ». L’assignation raciale, donc raciste, rate l’essence même de la traduction.

Publié le 11 avril 2021 à 09h15 - Mis à jour le 13 avril 2021 à 06h59 Temps de Lecture 4 min

Tribune. Les trémulations autour de la traduction du poème d’Amanda Gorman The Hill We Climb (« La colline que nous gravissons ») ne doivent ni nous ébranler ni nous faire dévaler la colline qui nous hisse au-dessus des préjugés, ni nous faire régresser, réduisant à néant les progrès réalisés en matière d’antiracisme.

Au Parlement des écrivaines francophones, nous tenons à ce que soit respecté notre droit à être traduites par une personne compétente, choisie en fonction de ses qualités et non de sa qualité.

Le visage de la beauté

Un excès de zèle ne doit pas nous précipiter du haut du morne escarpé escaladé à grand-peine, l’altière colline surplombant les ravines racistes.

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