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Volet culturel

On dit qu'au-delà des mers...(présentation)


Mis à jour : 10 Mai 2016

« On dit qu’au delà des mers »
spectacle-chanté avec Nora Idir et Joséphine Lazzarino mise en espace par Morena Campani
sera représenté dans le cadre des 4èmes Assises européennes du plurilinguisme, le 18 mai à Bruxelles (Comité économique et social européen) à 17h15

SYNOPSIS

Il s'agit d'un voyage commun, qui trace l'histoire d'une rencontre et de ce qui reste au sein d'une rencontre. Les protagonistes aux parcours divers, démarrent leur voyage à la recherche des racines. Elles chantent la polyphonie euro-méditerranéenne entremêlée de la tradition kabyle et française : « la radio d'ici et la radio de là bas... »

Elles racontent l'intégration et, au même temps, l'attachement à leurs origines. Un spectacle qui est un hommage à la terre d'accueil. C'est le croisement de plusieurs mémoires... Entre deux mers, entre des terres, entre deux cultures, deux familles... deux vies : « ici et là bas... »
Onditque Photo2 wQuand Nora ne chante pas, elle raconte :

« Je suis née en France, pourtant... Toute petite à la maison on parlait le français, et j’entendais mes parents et mes grands-parents parler entre eux, une autre langue : le kabyle. Tous ces mots on ne me les a pas transmis. Cette langue est devenue pour moi secrète, un peu magique, une langue de voyage, d’un pays lointain, inconnu... J’écoutais avec curiosité en me laissant bercer et doucement ces mots formaient à mon oreille des mélodies qui exprimaient de la joie, de la colère, de la rage, de la douleur, de la tristesse, de l’amour... Pour moi, l’Algérie était un pays que je pouvais toucher du doigt sur une carte et la première fois que j’ai mis mes deux pieds sur cette terre, j’avais 9 ans...
J’ai gardé cette curiosité en écoutant le parler des autres, et toutes ces langues venues d’un ailleurs, même si je ne les parle pas et que je ne les comprends pas, m’invitent au voyage et me procurent toujours la même émotion reliée à l’enfance... Le chant est donc venu a moi, tout naturellement, la magie de l’oralité m’a très vite passionnée... je voulais apprendre des chants qui traversent le temps et les frontières avec un acte humain qui me parait vital, la transmission.

Ces chants venus d’ailleurs me bouleversent, ils me font rire et pleurer, ils parlent à mon âme, à mon cœur, à mon corps et en les écoutant, j’ai cette délicieuse sensation d’appartenir à l’humanité toute entière. Ces chants du monde entier vont au-delà de l’acte de chanter... Ils racontent, ils disent, ils crient, ils bercent, ils pleurent, ils vivent... »

Quand Joséphine ne chante pas, elle raconte :Onditque Photo3 w
« Quand j'était petite je me sentais toujours avec un pied en Espagne, un pied en Sicile et le derrière dans la Méditerranée... »

Au cours du spectacle les deux femmes, avec humour, font chanter leurs souvenirs sur des notes à la fois nostalgiques et comiques, elles font délier les émotions de toutes ces cultures ; une radio imaginaire incite à chanter des airs populaires français... d’une seule voix.

NOTE DE MISE EN SCENE

Nora et Joséphine représentent deux mondes multipliés chaque parent, chaque grand-mère et chaque grand-père... Elles sont allées pêcher leurs racines loin loin, pour pouvoir amener à leur terre d'accueil tout le patrimoine possible. Le spectacle s'enrichit de chants, d'anecdotes, d'éléments du quotidien dans une rencontre continuelle entre spectaculaire et anthropologique, entre culturel et sociologique. Sur ce terrain de rencontre interculturelle, elles interprètent le marché, depuis toujours lieu idéal pour la rencontre des cultures. Par les sons, les bruits et les phrases type on arrive presqu'à sentir l'odeur des épices...

Le fil rouge c'est encore une fois la migration, mais... quel cadeau de pouvoir intégrer notre culture avec ces histoires-là !

JOSEPHINE LAZZARINO

Née à Paris, où elle vit et travaille, de père sicilien et de mère andalouse. L'enseignement de Giovanna Marini, avec laquelle elle a travaillé pendant plus que dix ans, lui a permis de retrouver ses racines , et de concevoir ses recherches musicales dans le cadre des traditions de la Méditerranée populaire, qu'elle-même définit comme « Méditerranée de la mémoire ».Elle interprète les chants qui font partie de sa recherche avec les instruments qu'elle considère les plus aptes à donner une interprétation fort liée à l'imagination, grâce aux sonorités, aux bruits et aux voix traditionnelles . Elle a choisi, par exemple, le «tamburello» (petit tambour), pour interpréter le rythme de la « pizzica »,ou les castagnettes pour interpréter des pièces classiques telles que la « Danza di Rossini », mais avec le rythme de la Tammuriata napolitaine, la conque, la lyre ,l’accordéon et ainsi de suite...
Elle a fait partie du choeur de l'Orchestre de Paris de 1986 à 1992, baignée dans le monde lyrique, en concert dans des tournées mondiales dirigées par de grands chefs d'orchestre. En 1996 elle a créé avec quatre autres artistes le Groupe Passio, dont le répertoire se compose de chants sacrés de la tradition de l'Italie du Sud, en particuliers ceux de la Semaine Sainte et de la Passion du Christ.
Elle a été formée au principe de la méthode Feldenkrais avec François Combeau durant une dizaine d’année. Elle est musicothérapeute à l'hôpital des enfants malades Necker de Paris où elle relie la corporalité au rythme en mouvement aux musiques traditionnelles et anime un atelier de chant dans la Maison de quartier de Blanc-Mesnil, à la recherche du patrimoine orale traditionnel en fonction des origines des participants.

NORA IDIR
Née en France de parents algériens, la langue kabyle était la langue du voyage, du pays lointain, inconnu. Le désir de l'apprendre a toujours été là et le chant l'a aidé à se l'approprier, en outrepassant les temps et les frontières. Son parcours a été jalonné de rencontres très importantes : Ania Scher, Marie-Claude Vallez, Afida Tahri, Martina Catella, Jean-Yves Panafiel, Ravi Prasad, Ali Resa Ghorbani, Rénata Rosa, Manu Théron, Benat Achiary ...
Elle a participé aux spectacles suivants : « L’une devenant la mémoire de l’autre », mise en scène par Saliha Bachiri ; un spectacle de danse contemporaine, chants traditionnels kabyles, crée et joué à Nanterre en 1997. « Yzorane », mise en scène Afida Tahri, un spectacle de chants berbères (six voix de femmes), crée au théâtre Jean Vilar de Suresnes en 2000, puis joué entre 2000 et 2005, au festival Africolor, au festival des arts du récits à Grenoble, à l'auditorium St- Germain à Paris et au festival d’Avignon. « Chants et contes du monde », un spectacle créé à Toulouse en 2006, avec Phillip Gal, musicien. « Sakina », mise en scène Afida Tahri en 2007/2008, des récits collectés auprès de femmes, raconter le corps au féminin dans, le monde musulman, un spectacle crée et joué à Quai des Voix à Ivry-sur-Seine. Ce travail a produit le film : « D’une femme à l’autre », de Eve Alexandre.
Au sein de l’association « La vie par la voix » situé à Boulogne-Billancourt, elle anime des ateliers de chants du monde et des stages d’été d’une semaine.

MORENA CAMPANI

Architecte de formation, Morena Campani poursuit une recherche créative et de production sur l’espace et les arts qui collaborent à l’harmonie de cet espace. Elle réalise “Mettere a nudo”, un parcours artistique shakespearien dans la Ville et le Musée d'art contemporain de Ravenne en parallèle à l'œuvre musicale du chef d'orchestre Riccardo Muti. Installée depuis 2003 en France avec l’agence culturelle (Projets culturels) favorisant les échanges européens de la culture (dont collecte de chants de guérison traditionnels). Avec le "Voyage en Italie", un spectacle autour des valeurs et l'identité du peuple italien à travers ses principaux idiomes : le chant, la danse et le récit. Elle prolonge son travail de scénographe vers celui de metteur en scène qu’elle affirme avec le “Voyage Méditerranée”, interprété par la Compagnie de Dario Fo. Cette obsession du partage des savoirs par la circulation des personnes et de l’information, la conduit à rencontrer Martina A. Catella, musicienne, auteur, ethnomusicologue, spécialiste des questions relatives à l’identité vocale individuelle et collective des cultures orales. Toujours à la recherche d’expressions complémentaires abordant la question de la mémoire, des valeurs, de l’espace et du temps, elle poursuit l'éloge du pluridisciplinaire. Elle développe plusieurs projets avec le compositeur Philippe Eidel, dont, en cours, les textes et les images de l'album “Mamas II” et elle reçoit la bourse de la Fondation Les Treilles, aide à l'écriture du livret de l'Opéra “Musex”. Suite à la conception du projet euro-méditerranéen avec le I.T.I. d’Unesco, elle travaille avec le comédien Charles Gonzales sur la mise en scène de “La foire de Don Quichotte” de Bruno Durocher. Son regard s'ouvre au cinéma et elle poursuit l'écriture et la réalisation de plusieurs films, dont le premier dédié à la naissance, autoproduit en 2010 : “Cielitude”.

ON DIT QU'AU DELA DES MERS ...

Ce spectacle est né pour accompagner l'exposition des tableaux du peintre Florent Moutti au Musée de la Toile de Jouy (Jouy-en-Josas) : « Tous français, tous différents » en 2010.

Il a été joué ensuite au théâtre Mouffetard (Paris Vème), au centre d'animation de la Pompignane (Montpellier), au théâtre L'Aquilone (Liège – Belge).