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Appels à communication ou projet 2019

Appropriation des savoirs en contextes d’expansion européenne et contemporain (XVe-XXIe s), les couleurs comme langage « glocal »

Mis à jour : 4 Avr 2019

Date limite de l'appel à communication : 15 mai 2019

3e colloque international des Rendez-Vous du TSANGA
Lieu: Université HASSAN II à Casablanca – Maroc
Date de l'événement: 29 > 31octobre 2019

Date limite: 15 mai 2019

 

Transmissions des Savoirs et Appropriation Numérique des Générations Africaines 

Organisé en partenariat avec

l’Université de Lorraine-France,

les Universités Hassan II et Chouaib Doukkali-Maroc

Argumentaire général

Dès les premiers contacts avec le monde occidental et jusqu’à la période contemporaine en passant par l’ère coloniale, les populations extra-européennes, par un jeu de mélanges, de fusion et de redéfinition, ont dû confronter leurs propres savoirs culturels à ceux des Occidentaux et inversement. Cette situation a entraîné une recomposition des savoirs culturels, recomposition qui a été souvent appréhendée comme la production de signes locaux dans des langages globaux, mais qu’on peut voir aussi dans d’autres cas, à l’inverse, comme la production de signes globalisés à partir de langages locaux. Ainsi, formes linguistiques et visuelles, pensées, concepts politiques, symboles culturels locaux, modalités socio-économiques etc., se transforment en de nouvelles visions et perceptions du monde en perpétuelle évolution. Dans ce jeu où les identités et représentations se jouent et se déjouent, comment interpréter et analyser les héritages mutuels, les permanences et les ruptures, les convergences et les disparités dans une dimension à la fois culturelle et transculturelle relative à l’appropriation des savoirs dans les pays du Sud ?

L’émergence des études postcoloniales (postcolonial studies), surtout en littérature, en philosophie, en psychanalyse et en histoire, grâce à des auteurs comme Saïd, Spivak et Homi Bhabha, permet depuis les années 1980 de questionner l’héritage culturel transmis par l’expansionnisme européen. Si ces études facilitent aujourd’hui la compréhension des processus de développement et de formation des identités culturelles, notamment sous l’angle général d’un writing back, parfois aussi à l’enseigne d’une hybridité, voire d’un métissage valorisant, peu de travaux s’intéressent principalement aux mécanismes concrets d’appropriation voire de construction des savoirs culturels en ces contextes. C’est ce à quoi le présent colloque se consacre.

A la suite des deux premières rencontres qui ont mis successivement l’accent sur la perception et la dénomination des couleurs et les Couleurs, êtres vivants : les nouvelles perspectives des Relations Humaines dans les pays du Sud, (cf https://couleur-tsanga.event.univ-lorraine.fr/) ce troisième rendez-vous du TSANGA entend poursuivre la réflexion théorique et méthodologique sur la couleur — thème fédérateur du programme TSANGA — en se saisissant de cette thématique qui est en même temps un champ sémantique comme lien entre espaces territoriaux, savoirs, sociétés, cultures et histoire. Guidé par une question principale, celle de savoir comment l’acquisition des savoirs devient le lieu de mise en place de stratégies d’exploitation des signes culturels locaux dans des langages globaux, le colloque envisage la couleur comme un matériau à la fois original et pragmatique pour appréhender les enjeux relatifs aux interactions et échanges, aux circulations et transferts entre les cultures dites occidentales et celles des pays du Sud. Il s’agit en définitive d’examiner comment la couleur, dans ses dimensions symbolique, culturelle, politique, sociale, temporelle et pratique peut se révéler un outil d’approche des problématiques d’appropriation des savoirs.

Limites thématique, chrono-géographique et disciplinaire

  • Cette rencontre, préparatoire à une publication collective, a pour objet de déterminer comment les couleurs en tant que substrat culturel — dans le sens de ce qui se transmet — entrent en jeu dans les mécanismes d’appropriation des savoirs locaux et globaux dans les pays du Sud.

  • La délimitation chronologique XVe-XIXe siècle s’explique par l’objectif de se centrer sur les rapports Nord-Sud, essentiellement entre l’Afrique et l'Europe depuis la Renaissance à partir de l’arrivée des Portugais dans les régions côtoyant aussi bien l’océan atlantique que l’océan indien. Bien qu’on puisse remonter plus loin que le XVe siècle en ce qui concerne l’Afrique du Nord.

  • Compte tenu de ce cadre historique, nous invitons à croiser les approches (historiques, anthropologiques, ethnologiques, géographiques, sociologiques,  linguistes et littéraires voire socio-économiques (management, emplois, marchés, développement, etc.).

Quatre perspectives à mettre en jeu   /   Les communications concerneront l’un des axes suivants :

Axe 1 : Les couleurs, marqueurs des représentations culturelles et cognitives

Plus que de simples coordonnées chromatiques, les couleurs constituent un système d'apprentissage et de transmission de savoirs dans le sens où elles racontent des histoires, incarnent des mythes, véhiculent des valeurs, signalent des privilèges ou des exclusions, indiquent un sexe, une caste, un statut, témoignent de peur ou d’espérance, se déploient en des métamorphoses incessantes.

Il s’agira ici de mettre en exergue les approches culturalistes des couleurs en tant que vecteurs de sens dans la transmission des savoirs dans les pays du Sud. Comment ces approches sont-elles considérées par l’entreprise expansionniste ? Cette dernière a-t-elle réduit au silence les lectures locales ou au contraire les a promues ? Comment se manifeste la résurgence de ces approches culturalistes en contexte des indépendances par exemple dans les armoiries des pays du continent africain, les tampons administratifs, les cartes géographiques, etc. ?

Axe 2 : Appropriation de savoirs et dynamiques hybrides au sein des espaces de contact

Tout en gardant leur identité propre, les populations assujetties ont souvent été poussées par l’envie d’embrasser les cultures occidentales, que cela soit volontaire ou non. Quel rôle joue l’appréhension des couleurs dans l’appropriation des cultures hybrides ?

L’étude des interactions au sein des espaces de contact est attendue ici. Comment les signes locaux et étrangers, anciens et nouveaux entrent-ils dans un mécanisme de reconstitution ? Peut-on parler de convergence de sens entre la lecture de certaines couleurs (le bleu indigo utilisé dans les cultures africaines et le bleu roi par exemple) ?Peut-on faire de la couleur un mécanisme de transfert (de (re)conversion de savoirs ? Le contact à travers les couleurs (re)constitue-t-il un espace dynamique et hybride de partage et d’appropriation des savoirs ?

Axe 3 : Publicité, couleur et culture globale

Ces dernières années ont vu l’émergence de ce que l’on appelle l’histoire globale (world history) dont l’ambition est d’émanciper l’histoire d’une approche nationale (voire régionale) cloisonnée. Les modèles larges, fondés sur des éléments communs aux sociétés du Nord et du Sud, supposent des appropriations et des réappropriations (donc des resémantisations au moins partielles) qui, en réalité, sont des inventions de langages nouveaux en fonction de nouveaux besoins. Les échanges de savoirs (et donc de signes) à l’ère expansionniste européenne présentaient-ils des particularités ? Localement ? Globalement ? De même, à l’ère postcoloniale. Quelle(s) continuité(s) ou rupture(s), de ce point de vue, entre les deux ères ?

Quel réemploi de l’appropriation du savoir vis-à-vis de l’héritage européen ? Dans quel but ? Comment l’usage des couleurs sert-il les enjeux cognitifs, politiques voire religieux pour inscrire les données culturelles dans un espace mondial ? (et l’inverse, si cela change quelque chose, par exemple, que la ville soit dominée pendant trente ans par une grande publicité rouge coca-cola sur la colline, ou par la mise à disposition, sur le marché, des fameuses bassines blanches émaillées, etc.)

Axe 4 : Le management interculturel, accélérateur des langages globaux

Nous assistons aujourd’hui dans le domaine des études managériales à la promotion de ce qui est communément appelé « le management interculturel ». Vecteur d’une certaine mondialisation, ce vocable appelle à lanalyse et à la mise en place de stratégies visant à gérer les différences culturelles au sein de l’entreprise. De la sorte, le management culturel pousse, dans la perspective d’un langage global, à comprendre les représentations et les valeurs qui caractérisent chaque culture.

La question principale qui gouverne cet axe est de savoir en quoi le management interculturel peut être considéré comme le paradigme des langages globaux dans le contexte contemporain. Dans ce sens, et en lien avec le thème qui nous occupe, il s’agit de déterminer les enjeux interculturels que peut révéler la couleur dans le domaine managérial. Comment la couleur, en tant qu’objet ou outil peut-elle permettre une meilleure gestion des équipes multiculturelles ?

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Soumission des propositions de communication

Vous êtes invités à envoyer, avant le15 mai , vos propositions de communication, en langue française ou anglaise, conjointement à Erick Cakpo, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Sylvie Grand’Eury-Buron, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Salah Koubaa, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ces propositions, sous la forme d’un résumé́ de 400 à 700 mots, doivent mentionner le nom et le prénom de l’auteur, l’institution de rattachement, une adresse électronique, l’axe d’inscription de la proposition de communication, 5 mots-clés et 5 références bibliographiques de base.

La langue de travail principale du colloque sera le français, avec dispositif de communication parallèle (résumé́/diaporama).

Les communications orales en anglais et en allemand sont possibles, moyennant la production de dispositifs de communication (diaporama) en français.

Après examen par le comité́ scientifique et de coordination, une réponse sera adressée au cours de la seconde quinzaine du mois juin. Dans celle-ci, les modalités/feuille de style seront transmis pour la rédaction de votre texte complet (inférieur à 40000 caractères, espace compris) qui lui devra être transmis avant le 15 septembre 2019.

Modalité d’inscription et de soumission : https://couleurtsanga19.event.univ-lorraine.fr/

Modalité d’organisation

Dans le cadre de la démarche-action du projet TSANGA, l’ensemble des présentations est filmé. Ces vidéos constituent pour les équipes pluridisciplinaires résidant dans les pays du Sud des outils de travail et des données pédagogiques.

Dans ce dessein, les supports visuels devront être particulièrement soignés. 

Comité d’organisation et de coordination Cf https://couleurtsanga19.event.univ-lorraine.fr/resource/page/id/10

Erick Cakpo : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Sylvie Grand’Eury-Buron : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.         

Salah Koubaa : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Et le soutien de Yves Buron : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.   

Comité scientifique

Coulibaly ADAMA, PR, Université de Cocody - Côte d’Ivoire

Sondess BEN ABID-ZARROUK, HDR, Université de Haute Alsace – France

Cécile FROMONT, Professeur assistant, Université́ de Yale - USA

Sylvie GRAND’EURY-BURON, MCF, Université de Lorraine - France

Pierre HALEN , PR, Université de Lorraine - France 

Latifa KADI, PR, Université Baji Mokhtar, Annaba - Algérie

Salah KOUBAA, PR, Université Hassan II de Casablanca - Maroc 

Olivier LUSSAC, PR, Université de Lorraine - France

Abdelouahed MABROUR, PR, Université Chouaib Doukkali, El Jadida - Maroc

Boniface Kizobo O'BWENG-OKWESS, PR, Université de Lubumbashi - RDC

Helma PASCH, PR, Université de Cologne - Allemagne

Katrien PYPE, MCF, Anthropological Research in Africa, KU Leuven University, Leuven - Belgique 

Marie RODET, MCF, SOAS University of London, Angleterre

Paulette ROULON-DOKO, DR émérite, LLACAN-UMR 8135 CNRS-INALCO - France 

Abdelhak SAHIBEDDINE, PR, Université Chouaib Doukkali d’El Jadida – Maroc

Manuel VALENTIN, MCF, IRD/MNHN, Paris -France

Valentin Vydrin, PR, LLACAN-UMR 8135 CNRS-INALCO - France 

Les frais d’inscription au colloque sont de

-        50€ pour les enseignants, chercheurs, professionnels du Nord

-        25€ pour les enseignants, chercheurs, professionnels du Sud, les étudiants justifiant d’une inscription universitaire et les retraités.

Ce prix comprend la participation au colloque, les pause-café, les déjeuners. Les frais de transport et de logement sont à la charge des participants. Un choix d’hôtels sera proposé ultérieurement.

Une lettre d'invitation pour faciliter vos préparatifs pour le colloque sera envoyée sur demande.

Notez que l'envoi de cette lettre ne signifie pas que vous recevrez un soutien financier de notre part. Dans la mesure du possible,  nous solliciterons une éventuelle demande d’aide auprès de l’AUF pour des collègues des pays du Sud et prendrons en charge, toujours dans la limite de nos moyens, les conférenciers non-membres d’un organisme.Dans le cas contraire, vous devrez vous adresser à votre université ou à d'autres institutions pour obtenir le visa ou le soutien financier.

Tous les participants au colloque sont invités à être en possession d'une assurance maladie valide. Les organisateurs ne seront pas en mesure d'assumer des responsabilités en matière de soins médicaux ni d'autres frais de santé auxquels les participants pourraient être exposés.