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Journée d'étude "Les langues de l'échange savant" 10 juin 2010


Mis à jour : 27 Mai 2010

Mme d'Arconville, femme de lettres, femme de sciences et traductrice au siècle des Lumières

organisée par Patrice Bret (Centre Alexandre Koyré – CRHST, Paris) et Brigitte Van Tiggelen (Mémosciences/Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve)

Jeudi 10 juin 2010
Cité des Sciences et de l'Industrie
Salle Painlevé
Bibliothèque des sciences et de l’industrie (entrée Niveau – 1)
Métro : Porte de la Villette

 

Le cas de Mme Thiroux d’Arconville (1720-1805) invite à revisiter « les passions intellectuelles » et « l’ambition féminine » mises  en lumière(s) par Elisabeth Badinter en dépassant la figure  traditionnelle des salonnières. Souvent sous le masque de la traduction et toujours sous celui de l’anonymat, Mme d’Arconville appartient pleinement tout à la fois au monde des lettres et à celui des sciences. Ses Mélanges de littérature, de morale et de physique (1775, 7 vol.) témoignent de sa volonté de maintenir l’unité d’une œuvre éclectique. C’est la signification de cette soif d’écriture et de savoir qu’il s’agit de décrypter. Éclectique, Mme d’Arconville l’est dans ses relations (de Voltaire et Diderot à Malesherbes et Turgot, Jussieu et Macquer) comme dans ses choix de maîtres (l’anatomiste Winslow et le chimiste Macquer) et 

d’écriture : elle traduit – de l’anglais et de l’italien – romans, contes et apologues, comédies, tragédies et poésies, mais préfère rédiger des essais de morale et des biographies historiques ; elle traduit (de l’anglais) deux ouvrages d’anatomie et de chimie (1759), outre des mémoires de médecine et de botanique, et elle y puise la légitimité du programme de recherches expérimentales qu’elle mène dans son propre laboratoire : Essai pour servir à l’histoire de la putréfaction.Par le traducteur des Leçons de Chymie de M. Shaw (1766). Cet éclectisme peut-il être une clé pour mieux comprendre l’insertion du champ scientifique dans la culture des Lumières ? Quelle est la place de la traduction dans une ambition qui se refuse à se dévoiler dans l’espace public ? Existe-t-il des ponts entre la pensée morale et les sciences expérimentales ? Qu’est-ce que faire de la science pour une femme du XVIIIe siècle ?


Cette journée s’inscrit dans le prolongement du symposium commun Mediators of sciences. Women translators of scientific texts, 1600-1850 au congrès international d’histoire des sciences de Budapest (2009) et de la première année du séminaire Les langues de l’échange savant, 1660-1840. La traduction scientifique et technique : pratiques et enjeux au Centre Alexandre Koyré.



9h15       Accueil

9h30       Ouverture
par Françoise Bretonneau, directrice de la Bibliothèque des sciences  et de l’industrie, et Jeanne Peiffer, directrice du Centre Alexandre Koyré-Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques.

9h45       Introduction par Patrice Bret (Centre A. Koyré-CRHST) et Brigitte Van Tiggelen (Mémosciences/UCL)


► Ecrire à tout prix : Portrait d’auteure

10h00      ● Marie-Laure Girou-Swiderski (Université d’Ottawa) La présidente d’Arconville : une femme des Lumières

10h45 Pause café


► Passions intellectuelles au féminin ?

11h15      ● Julie Candler Hayes (University of Massachusetts, Amherst)
L’analyse des passions dans l’oeuvre moraliste de Marie-Geneviève- Charlotte Thiroux d’Arconville

12h00      ● Élisabeth Bardez (Conservatoire national des arts et métiers)
Madame d’Arconville et les sciences. Raison ou résonance ?

12h45                                                                 
Déjeuner


► Ecriture, traduction et expérimentation

14h30      ● Brigitte Van Tiggelen (Mémosciences/UCL)
Entre anonymat et traduction, la carrière d’une femme en chimie : Mme d’Arconville

15h15      ● Margaret Carlyle (McGill University, Montréal)
Translating Texts, Manipulating Matter: D’Arconville and the Female  Translator in the Experimental Sciences

16h00                                                               
Pause café


► Ombres et Lumières

16h15      ● Patrice Bret (Centre A. Koyré-CRHST)
« Des instants dérobés à l’enjouement et à la frivolité ». Retour sur le tout petit monde des traductrices de sciences au siècle des Lumières

16h45      ► Table ronde Regards croisés sur l’ambition féminine au siècle des Lumières animée par Brigitte Van Tiggelen (Mémosciences/UCL), avec :
● Annie Cointre, professeur honoraire de littérature anglaise (Université Paul Verlaine, Metz), co-responsable de Histoire des traductions en langue française. XVIIe-XVIIIe siècle (ANR HTLF)
● Jeanne Peiffer, historienne des sciences (Centre A. Koyré-CRHST)
● Jean-Pierre Poirier, auteur de Histoire des femmes de sciences en France (Pygmalion, 2003)

17h30      Fin de la journée