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Un aperçu de l’intérieur de “la rue la plus diversifiée du Royaume-Uni” où ses résidents heureux parlent 70 langues différentes

27 mars 2023

Barton Street à Gloucester a été nommée la rue la plus diversifiée du pays. Au fil des années, elle a vu affluer de familles musulmanes et de familles provenant d’abord d’Europe de l’Est, et puis d’autres régions du monde.

Une supérette du Moyen Orient qui vend des produits de Syrie, d’Iran, d’Irak et d’Afghanistan. Une église méthodiste se trouve à côté du coiffeur afro-caribéen Mr. B. Pas loin, un café polonais vend des côtes de porc paysannes et des boulettes. Juste après, un couturier indien et une épicerie africaine. Bienvenus à Barton Street à Gloucester, qui avec ses résidents parlant 70 langues est appelée la rue la plus diversifiée du monde. À l’origine, c’était un quartier juif traditionnel quand un cimetière juif avait été construit au 18ème siècle; mais, au fil des années, il y a eu une forte affluence de familles musulmanes et de celles provenant d’abord d’Europe de l’Est, et ensuite d’autres parties du monde, a été considérable. Il n’est donc pas étonnant de trouver un portrait au pochoir de Martin Luther King avec ses mots appropriés à la situation: “Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, ou mourir tous ensemble comme des idiots”. De nombreux nouveaux arrivants ont monté des entreprises ici, ce qui a créé une rue animée, pleine de magasins indépendants au service de nombreuses communautés. À l'intérieur de ce café polonais aux couleurs vives, “le Dworska”, où on peut voir des décorations de Pâques traditionnelles suspendues et où l’odeur de la cuisine polonaise renferme l’air, la propriétaire Marta Puchala dit son amour pour cette rue. “Je me plais ici. Je suis venue de Pologne il y a plus de 10 ans, j’adore la mentalité des gens, ils sont souriants et amicaux et rien ne pose problème”.

Devant le Marché Alimentaire Continental, Kevlin fait ses courses avec sa mère Martha Overson, une femme de 48 ans née au Ghana. Ils vont à Barton Street parce qu’on y trouve de “tout ce que on veut de n’importe où dans le monde”. Elle déclare: “Je fais toujours mes courses ici. On peut trouver tout ce qu’on veut, des produits d’Afrique ou de Chine et des Philippines, ici on a tout”. “C’est un très bon endroit pour élever les enfants. Tout le monde se connaît dans cette rue, et les gens s'entraident quelle que soit votre provenance. Où que vous alliez, il y a du bon et du mauvais, mais ici, les gens sont accueillants”.

Salman Khawaja a fondé la Société islamique de Gloucester pour rendre service à la communauté. Cette société joue également le rôle d’office de centre communautaire, de banque alimentaire et de centre pour jeunes afin d’écouter les adolescents du “monde de la rue”. À l'intérieur, sa petite fille joue avec des jouets éparpillés sur le tapis rouge, alors qu’on peut entendre des gens prier à côté. “Je n’habite pas trop loin d’ici, c'est un endroit très vivant” dit-il. “C’est une communauté soudée et les différentes communautés qui vivent ensemble sont comme une grande famille”. “C’est plein d’énergie, c’est l’une des rues les plus animées de Gloucester. Le centre-ville ferme à 17h, mais ces magasins sont ouverts jusqu’à tard, ce qui attire les gens ici qui vont sortir pour se balader ou prendre un verre”. Salman appelle sa voisine britannique “Tatie Gill” parce qu’elle est comme une figure maternelle pour lui. Puisqu’elle vit seule, ils aiment l’aider si besoin et disent qu'elle est comme un membre de la famille pour eux.

À quelques portes de là, Daniel Holmes, 29 ans, dit de passer dans cette partie de Gloucester depuis 10 ans pour se faire couper les cheveux chez Aland Barbers. “Ce lieu a un accueil familial, tout le monde est sympa ici. La diversité est certainement un aspect positif”.

Au magasin Barton Best Foods, à côté des sacs de 5 kg de riz, des tas de fines herbes fraîches débordent des paniers, et des rangées soignées de confitures et de céréales américaines pour le petit-déjeuner sont empilées au-dessus des pots de labneh et de kéfir. Kumar Subramanian, 47 ans, originaire du Sri Lanka, a quitté son pays il y a 10 ans et a voyagé dans toute l’Europe pour arriver au Royaume-Uni en 2018, avant de s’installer à Gloucester où il gère la boutique de son frère depuis janvier 2021. Kumar, qui parle le cinghalais et l’anglais, a affirmé: “Les gens viennent de Bristol, de Londres pour ouvrir des magasins. Tous mes clients sont aussi mes amis. Ici, c’est un lieu de bonheur”. “Ma vie est ici maintenant. Une grande communauté sri-lankaise est également présente. Il y a presque trop de srilankais!”

Certains passants disent que la rue a une certaine réputation pour son comportement antisocial comme tant d’endroits en Grande Bretagne. Néanmoins, Cosmos Ofoejlu, 47 ans, qui a ouvert son magasin de produits alimentaires africains “Favour” ici en juin 2021, se dit plus heureux dans ce quartier de la ville-cathédrale à l’ouest du pays, qu’à Londres, où il a vécu et travaillé auparavant comme coiffeur pendant 12 ans et demi. “Je préfère cette ville parce qu’elle est plus calme et plus agréable. Il y a moins de criminalité” explique-t-il. Originaire du Nigeria, Cosmos aime maintenant partager des recettes avec ses clients qui s'intéressent à la cuisine de l’ouest africain. Il dit: “J’ai de bons voisins autour de moi, dont un est le patron d’une boucherie halal: nous travaillons ensemble dans le sens qu’on occupe chacun le magasin de l’autre si jamais on ne peut pas être là pour n’importe quelle raison”. Mes clients sont tous issus de cultures très différentes. Il y a des Espagnols, des Sud-Américains, des Anglais, des Africains, des Chinois etc… J’aime découvrir les cuisines des autres et chaque vendredi je vais aux soirées afrobeats chez le coiffeur de la rue”.

À l’épicerie orientale Al–Furat, les étagères débordent de noix saupoudrées de sumac rouge écarlate et de pains plats frais, de mélasse de grenade et d’un arc-en-ciel d’épices colorées. Sam, 36 ans, père de deux enfants et originaire du Kurdistan, a baptisé son magasin ainsi en hommage au fleuve Euphrate, également connu sous le nom de fleuve Al-Furat, qui traverse la Turquie, la Syrie, le Kurdistan et l’Irak pour se jeter dans le golfe Persique. Installé à Gloucester depuis 2003, Sam parle anglais, kurde et arabe. Lui aussi affirme: “Il fait bon vivre ici. C’est un lieu très multiculturel. C’est magnifique. Quand j’ai déménagé ici, j’ai lu des articles sur la rue et ses communautés et j’ai pensé toute suite, wow, c'est incroyable. On y trouve des gens venant de tous les horizons”. “Les gens sont dans 95% des cas bienveillants et respectueux, souvent tout le monde l’est malgré nos différences. Après 20 ans dans le même quartier, je compte de nombreux amis dans cette rue, issus de cultures et d’origines diverses.” Lorsqu’il s'adresse à la clientèle, Sam privilégie généralement l’anglais ou l’arabe, mais il a également appris des expressions dans d'autres langues pour faciliter les échanges. “Hier on a commencé à rire sur ce sujet parce qu’un de mes amis, qui travaille avec moi actuellement, parle couramment le tchèque, le persan et aussi l'afghan. On a également une jeune et nouvelle collègue originaire d'Inde qu’on est en train de former, elle parle trois ou quatre langues indiennes, un peu d'arabe, un peu d'anglais, ainsi que le grec et le persan. À l'avenir, on sera plus efficaces que les dictionnaires, c’est tellement multilingue ici." Et ajoute: "J'adore Gloucester. C'est ma ville natale. Je me considère chanceux de vivre ici."


Article écrit par J. Annett, F. Writer, F. Bowen et traduit de l’anglais par Ylenia Vuotto, stagiaire pour l’OEP.

Source: Inside 'UK's most diverse road' where happy residents speak 70 different languages - Mirror Online