2025, Rapport Présenté à Patrimoine canadien
L’examen de six cas : fédéraux (Canada, Belgique, Suisse, Inde), régional (Union européenne) et unitaire (Chine), montre une constante : les politiques de financement privilégient le libre accès sans stratégie linguistique explicite. Aucune politique linguistique de recherche n’a été identifiée ; l’analyse porte donc sur les dispositifs de financement, d’évaluation et de diffusion qui en tiennent lieu. L’essor des programmes enseignés en anglais accroît l’attractivité internationale mais renforce l’anglicisation des trajectoires de recherche. La Suisse constitue une exception partielle en sciences humaines et sociales, tandis que la Chine applique un unilinguisme sélectif (chinois/anglais). Effets systémiques observés : double ségrégation (natifs/non-natifs ; institutions avec/sans capacités de traduction), inégalités de genre accrues et standardisation des formats éditoriaux et cadres théoriques. Cinq principes demeurent en tension : la liberté académique, l’excellence mesurée selon des standards anglo-américains, la diversité linguistique, la souveraineté scientifique et culturelle, et la soutenabilité économique. Cette analyse comparative s’appuie sur des sources documentaires publiques (rapports gouvernementaux, législations, politiques de financement et d’évaluation, littérature scientifique récente). Les six cas ont été sélectionnés pour refléter une diversité de contextes linguistiques et institutionnels. Chaque fiche examine quatre dimensions communes : existence de politiques linguistiques explicites, dispositifs de financement, critères d’évaluation et pratiques de diffusion. L’objectif n’est pas l’exhaustivité, mais l’identification de tendances structurelles et de leviers transférables au contexte canadien.