Il ne fait aucun doute que le français constitue une langue internationale. Selon les derniers chiffres du Baromètre des langues dans le monde édité en 2017 et réalisé par Alain Calvet et Louis-Jean Calvet avec le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, le français occupe la deuxième place après l’anglais selon douze facteurs retenus par les chercheurs.
Il n’est pas étonnant au regard de cette position que la chanson francophone rencontre périodiquement le succès au-delà de son espace linguistique naturel. Force est de constater que cette audience est peu connue. Le fait que la chanson anglophone soit très présente et quasiment unique comme chanson en langue étrangère diffusée en France comme dans d’autres pays francophones, pourrait laisser croire que seule la chanson anglophone serait susceptible de rencontrer un succès international.
Nous estimons que la future Cité internationale de la francophonie au sein de l’emblématique château de Villers-Cotterêts est un lieu parfaitement approprié pour abriter une exposition permanente et évolutive illustrant les succès de la chanson francophone dans le monde. Y figureraient les principaux succès internationaux français et bien entendu ceux des autres pays francophones (Belgique, Canada...) et au-delà ceux commis par des chanteurs non francophones. Fait peu connu, un certain nombre d’entre eux choisissent en effet le français comme langue d’expression et rencontrent un succès international.
Au regard de la question récurrente du choix de la langue d’interprétation chaque année pour le candidat au Concours Eurovision de la chanson, du moins en France, les autres pays francophones du Concours ayant tendance, sauf exception, à retenir un candidat chantant un titre en anglais, nous proposons qu’un espace de l’exposition y soit spécialement consacré. Son audience, plus de deux cent millions de téléspectateurs, comporte en effet des enjeux majeurs : linguistiques, culturels...
Les moyens audiovisuels (vidéos musicales, vidéos d’entretiens avec les interprètes exportateurs de la chanson francophone, vidéos de retransmission de concerts à l’étranger...) seraient largement utilisés.
Le public visé serait large. Il inclurait le public scolaire (les jeunes étant comme chacun sait de grands consommateurs de chansons), les professionnels de la musique ainsi que plus généralement tous ceux qui sont engagés ou impliqués dans la production, la diffusion et la promotion de la chanson francophone dans le monde.
Jean-Claude AMBOISE est docteur en droit de la langue française, avocat à la cour d’appel de Paris, enseignant en école supérieure de commerce.