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Gabrielle ALTHEN, écrivaine

Babel et sa tour disaient le désir d'hégémonie destructrice d'une seule langue et d'une domination unique de ce qui est et de nous-mêmes... (extrait du Livre d'Or "Les intellectuels et artistes pour le plurilinguisme et la diversité culturelle" en cours d'écriture dans le cadre de la journée du 23 juin à l'UNESCO)

Babel et sa tour disaient le désir d'hégémonie destructrice d'une seule langue et d'une domination unique de ce qui est et de nous-mêmes. Le mythe disait ainsi admirablement le risque d'une simplification réductrice de l'homme par l'homme. Il y va du droit à la liberté d'être soi, car nous sommes êtres de langage. La langue structure nos liens avec le monde et avec les autres. Comme le monde et les autres appartiennent à l'infiniment complexe, il n'est pas trop de toutes les langues réunies pour en approcher. Il faut laisser vivre les langues parce qu'elles sont vitales.

(Gabrielle Althen)

                                                          

Gabrielle ALTHEN, française, a publié, une douzaine de recueils de poésie, dont Hiérarchies, Rougerie, 1988; La Raison aimante, Sud, 1988,  Coeur fondateur, Voix d'encre, 2006. Elle est aussi essayiste, (Dostoïevski, le meurtre et l'espérance, Le Cerf, 2006), romancière, (Hôtel du vide, Aden, 2002 ; Le Solo et la Cacophonie, contes de métaphysique domestique, Voix d'encre 2000), et professeur émérite de l'Université de Paris X-Nanterre.