quand l'étranger mâcher ma langue... (extrait du Livre d'Or "Les intellectuels et artistes pour le plurilinguisme et la diversité culturelle" en cours d'écriture dans le cadre de la journée du 23 juin à l'UNESCO)
| quand l'étranger mâcher ma langue
ça danse à l'amble dans la bouche, ça tangue ça divague ça dit l'étang ça dit cascade, c'est éboulis de silences cassés
ça cadavérise le bon goût, ça fusille les bienséances ça bouscule les nonchalances, ça donne du goût à la langue
ça parle fort à peine audible ou ça susurre à pleine voix c'est pas des mots pour endormir (mais ça n'empêche pas de rêver)
ça permet de tourner les yeux vers leur côté aveugle afin d'y voir un peu plus clair au fond de notre nuit
ça pourrait déchirer la nuit si la nuit n'était pas déjà ce visage de lit défait (Marc Delouze) |
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Marc DELOUZE. Né à Paris. Vit entre Montmartre et la Bourgogne. Poète et voyageur « par la force des choses ». Premier recueil en 1971, Souvenirs de la Maison des Mots, (précédé de Par manière de Testament, d'Aragon). Dernières publications : T'es beaucoup à te croire tout seul (poème), La passe du vent, 2000. Yeou, Piéton des terres, poème, La passe du vent, 2007. C'est le monde qui parle, récit, Verdier, 2007. |