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Pourquoi les évangiles n’ont pas été écrits dans la langue de Jésus (Victoire Lemoigne, Le Figaro) ou le plurilinguisme en Palestine au temps de Jésus (OEP)

Le Figaro, 31 mars 2024. Photo : Frère Olivier-Thomas Venard. Sébastien SORIANO/Le Figaro

ENTRETIEN - Frère Olivier-Thomas Venard, professeur à l’École biblique de Jérusalem, décrypte pour Le Figaro la situation linguistique particulière de l’actuelle Palestine à l’époque de Jésus.

Frère Olivier-Thomas Venard est dominicain, normalien, agrégé et docteur en lettres et en théologie. Il est professeur à l'École biblique et archéologique française de Jérusalem depuis une vingtaine d’années, et directeur du programme de recherches «La Bible en ses Traditions».

LE FIGARO. - Quelles langues parlait-on en l’actuelle Palestine à l'époque de Jésus ?

Frère Olivier-Thomas VENARD. - On y parlait le grec, l'araméen, l’hébreu et le latin. La culture dans laquelle Jésus et ses disciples évoluaient était multilingue. L’araméen et l’hébreu, attestés par les manuscrits de la mer Morte en particulier, sont bien sûr les langues locales. Le grec, depuis l’hellénisation promue sous l’empire d’Alexandre le Grand avait fini par devenir la «lingua franca» du bassin méditerranéen, même sous domination romaine. Il s’agit dans cette région d’un grec commun, plein de sémitismes. Quant au latin, contrairement à ce qu’on a longtemps pensé, il n’était pas seulement réservé à l'occupant romain…

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