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Chroniques - humeurs

Bientôt le "Black Friday". Mais qu'est-ce au juste ? Les dessous (making-of) d'une invention marketing (mercatique) diabolique

Last Updated: 10 Nov 2019

Si vous avez quelques rudiments d'anglais, le Black Friday, ce serait en français le Vendredi noir, en espagnol le Viernes negro, en italien Venerdì nero, en allemand le Schwarzer Freitag, ce qui, comme c'est parfois le cas de la part des agences de communication, ne veut à peu près rien dire. C'est la répétitition, le conditionnement et le pari sur les comportements mountonniers qui finit par créer du sens, ici "Comment se ruer dans les magasins deux mois avant Noël".

Mais encore. Voyons ce que nous en dit le très documenté Office québécois de la langue française :

"Définition

Journée du vendredi qui suit le quatrième jeudi de novembre, date de l'Action de grâce aux États-Unis, au cours de laquelle les commerçants offrent des rabais importants pour marquer le coup d'envoi des achats de Noël.  

Notes

Cet événement commercial a lieu notamment aux États-Unis et au Canada.

D'autres appellations pourraient rendre la même idée en français, par exemple Super Vendredi, Vendredi dingue ou Vendredi dément, ou encore Mégasolde de novembre ou Mégasolde d'avant les fêtes."

Nous nous permettons de signaler qu'il y a belle lurette que cet événement commercial est sorti du périmètre de l'Amérique du Nord et a fait exploser les limites du Jour de l'Action de grâce aux Etats-Unis (Thanksgiving) et s'étend plus souvent sur une semaine, voire deux et parfois change de nom afin d'avoir des chances d'être compris par les populations.

Nous renvoyons à ce sujet à nos précédentes rubriques :

Black Friday 2014 : Morne et stupide publicité, Black Friday ou Jeudi Noir ?

Black Friday 2016 : Qu'est-ce qui peut bien pousser des publicitaires à diffuser des messages incompréhensibles ?

Black Friday 2017 : Black Friday ou l'incongruité publicitaire

Mais pour finir, nous avons bien tort de nous offusquer. Ce qui compte, c'est que cela marche, et cela marche. A moins que l'on organise la révolte par boycottage de cette opération des grandes marques, institutionnalisation du non-sens, signe d'autocolonisation des cerveaux par l'anglo-américain et de vulgarité. En espérant que cela marche, et que Allemands, Italiens, Espagnols, etc. en anglophones européens et américains éclairés en fassent autant.

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