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Pas, point, mie, goutte : les trois mousquetaires de la négation (Michel Feltin-Palas - Libération)

"Ne" et "pas" semblent à notre grammaire ce que Roméo et Juliette sont à la tragédie : deux éléments indissociables, unis depuis toujours et à jamais. Grave erreur...Par Michel Feltin-Palas, publié le

"Je ne sais pas" ; "je ne crois pas" ; "il ne faut pas" ; "vous ne devez pas"... Pour exprimer la négation, j'ai longtemps cru que l'on recourait depuis la nuit des temps à ces deux petits mots connus de tous : ne, suivi de pas. J'en déduisais qu'il en était ainsi de toute éternité et cela me convenait très bien. 

Jusqu'au jour où un linguiste de mes amis m'a appris que je faisais erreur sur toute la ligne. Longtemps, en effet, ne est resté aussi seul que Robinson Crusoé sur son île. "Je ne veux", "je ne prends", "je ne doute" : c'était tout et cela suffisait.  

C'est seulement au XIe siècle que notre pas fait discrètement son apparition...

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