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Les langues dans sa poche - Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne démonte, via le langage, les clichés qui font de l’Afrique un continent rétif à la raison et réconcilie particularismes et universel (Libération)

par Sonya Faure, photo Mathieu Zazzo pour «Libération», publié le 28 novembre 2018

On cherche le mot le plus adapté pour définir cette limpidité exigeante avec laquelle Souleymane Bachir Diagne déploie ses idées qu’il parle d’universalisme, d’islam ou de panafricanisme. Sans doute qu’il le trouverait, lui, ce mot qui manque, que ce soit en français, wolof, anglais… car pour le philosophe sénégalais, il n’y a pas de concept qui ne trouve son reflet d’un langage à l’autre.

La traduction, le «langue-à-langue», comme il dit, est le fil conducteur de sa pensée. Une façon de réaffirmer la singularité de chaque culture, mais aussi que des passerelles entre elles sont possibles, que le particularisme ne s'oppose pas forcément à l'universel. «Souleymane Bachir Diagne, c'est Babel à l'envers», dit l'anthropologue Jean-Loup Amselle. Ou comment la pluralité peut être une richesse.

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