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Le plurilinguisme, objet d’histoire (Benoît Grévin, Hypothèses 2015, Pages 333 à 350 )

1959 : les travaux préparatoires du concile de Vatican II placent les futurs pères conciliaires dans une position linguistique délicate. Ils doivent concilier leur pratique souvent résiduelle du latin, une pratique qui se limite parfois pour eux à son aspect liturgique, avec l’exigence théorique de préparer et d’animer les travaux de l’assemblée dans la langue de saint Augustin [1]. Pour quelques mois encore, le latin reste en effet « la » langue officielle de l’Église catholique : un compromis doit donc être trouvé entre la situation linguistique de fait – le multilinguisme des hiérarchies ecclésiastiques, et le caractère désormais résiduel de l’utilisation du latin dans la pensée et la pratique des cadres de l’Église du second xxe siècle – et la situation linguistique de droit : l’Église, dans son assemblée la plus solennelle, s’exprime en latin, langue référentielle de la catholicité à travers les âges.

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