Un lectrice nous signale :
"Le ministère des affaires étrangères français vient de publier un arrêté concernant les épreuves d'un concours de catégorie B*. Auparavant les candidats avaient à l'écrit le choix entre 10 langues étrangères dont 5 langues européennes. A l'oral, en épreuve facultative, le nombre de langues européennes était porté à 15 (les 5 antérieures + 10).
A compter de 2007, la langue étrangère unique et obligatoire à l'écrit sera l'anglais.
De plus une note inférieure à 12 à cette épreuve écrite est
éliminatoire et n'autorisera pas la correction des deux autres
épreuves. Pour les candidats admissibles le second groupe d'épreuves
sera également composé d'une épreuve de langue étrangère et de nouveau
la langue unique et obligatoire sera l'anglais. Ce n'est que pour
l'épreuve facultative orale que les admissibles auront le choix d'une
autre langue étrangère : seulement 5 langues européennes autres que
l'anglais et 4 autres langues.
Je considère les termes de cet arrêté comme étant particulièrement
discriminatoire et peu dans l'esprit du plurilinguisme européen. Il
s'agit même d'un recul par rapport aux pratiques antérieures et, par
ailleurs, l'accord franco-allemand de coopération culturelle est
totalement oublié...
...
Accorder à la langue anglaise une place de choix au sein du Ministère
des Affaires étrangères est une bonne intention. Il me semble néanmoins
que cette décision ne peut pas être prise au détriment des autres
langues européennes. C'est pourquoi les nouvelles dispositions auraient
du mettre sur le même plan (épreuves/durée/coefficient) deux langues
européennes, l'anglais et une seconde langue laissée au choix du candidat.
Dans le cadre de ce concours on est passé du plein choix (choix d'une
langue parmi 10 proposées dont 5 langues européennes) à un
monolinguisme réducteur.
*Les nouvelles modalités du concours de catégorie B "secrétaire de
MAE0720069A.
Réponse de l'OEP : nous souscrivons sans réserve aux observations de
cette lectrice qui sont en parfaite harmonie avec la charte européenne
du plurilinguisme.
Dans le même temps que le ministère des affaires
étrangères renforce le poids de l'anglais, l'Organisation
internationale de la francophonie sous l'impulsion des gouvernements
belge, luxembourgeois et français, multiplie les accords avec les pays européens pour former au français
leurs fonctionnaires travaillant notamment avec Bruxelles.
Dans le même temps également, le ministère de l'éducation nationale affiche la volonté de favoriser une offre diversifiée de langues vivantes après 20
ans de concentration exclusive sur l'anglais.
Cherchez l'erreur.
Que nos correspondants français n'hésitent pas à demander des
explications au ministre des affaires étrangères.
En tant qu'Observatoire, nous souhaitons connaître quelles sont les
pratiques dans les différents pays européens : place de l'anglais et
place des autres langues dans les concours de recrutement des
fonctionnaires travaillant à l'international.
Merci de vos réponses précises dont les résultats seront publiés sur le
site de l'OEP. Décidément
la langue et la pensée uniques étendent leur toile tous les jours sous le
costume de la modernité. Aider nous à résister à cette déferlante en
signant la
Charte européenne du plurilinguisme .