Publié le 27 janvier 2010 sur El Moujahid
L’Algérie a célébré, hier, la Journée de la langue arabe. Deux hautes institutions nationales ont été créées depuis quelques années, toutes deux sous tutelle de la Présidence de la République, le Haut conseil de la langue arabe, et l’Académie algérienne de la langue arabe, et dont la mission consiste à promouvoir, par les moyens scientifiques, cette langue que notre pays consacre, institutionnellement et constitutionnellement, comme langue nationale et officielle.
A cette occasion, l’Académie algérienne de la langue arabe a organisé,
hier, une journée conférence-débat au sein de son siège, animée par le
Pr Abderrahmane Hadj-Salah, président de cette haute institution, sous
le thème “Identité et créativité en langue arabe”. Les nombreux
invités à cette conférence ont eu droit à des éclairages dignes d’un
expert de renommée mondiale, en ce sens que le conférencier, linguiste,
multilingue, très sollicité pour des travaux et interventions sur la
scène arabe et internationale est le directeur général du conseil
d’administration de la banque des données arabes, récemment créée par
la Ligue arabe. Aussi, il y a quelques jours, cette haute compétence
algérienne est détentrice du Prix mondial du Roi Fayçal de la
littérature et de la langue arabe.
Les approches du Professeur émérite ont porté sur la langue arabe par rapport aux langues universelles, et, notamment celles qui véhiculent le savoir, les sciences, la culture et la civilsation. Cela étant, l’on est arabe, a-t-il souligné, non pas ethniquement mais par la langue. Et la langue arabe, comme toutes les langues, telle une monnaie, est sujette à aussi bien une augmentation de sa valeur, qu’à sa diminution. La valeur d’une langue reflète celle de la communauté qui l’utilise. Plus le contenu est consistant, plus le contenant a de la valeur.
Le Professeur Hadj-Salah n’a pas manqué, lors de son intervention, de rappeler les vertus du multilinguisme. Se couper des langues étrangères, c’est se couper du renouvellement des connaissances, a souligné l’orateur. Le problème se ramène à comment contribuer à être soi-même, sans fermeture totale sur soi, fait-il remarquer. L’une des faiblesses des pays en voie de développement est de ne jamais distinguer dans le domaine socio-culturel entre ce qui est vraiment universel (mode de vie et de pensée) et ce qui est très spécial à un pays, telle qu’une simple tradition ou une mode passagère. Même si on en a conscience, on n’essaie pas d’adapter le modèle extérieur à nos capacités réelles d’abord et à nos spécificités, c’est-à-dire tenir compte de la possibilité matérielle d’utiliser ce modèle d’une façon non aliénante et de l’adapter, par conséquent, aux exigences d’une situation économico-socio-culturelle issue d’un long passé, tout en étant résolument tournés vers un avenir prospère parce qu’ouvert et non fermée sur lui-même.
L’aspect lié aux technologies a aussi été évoqué par le conférencier qui est, faut-il le rappeler, l’initiateur du projet de "banque arabe de données" , un répertoire de textes et de terminologie d'usage de la langue arabe tout en introduisant des anciens lexiques comme "Lissane al-arab" et les dictionnaire bilingues. Proposée par l'Algérie, "la banque de données arabe" est un répertoire pour la collecte des données et informations sur le patrimoine arabo-islamique et les ouvrages littéraires et scientifiques en langue arabe. Ce projet a été inscrit officiellement à l'ordre du jour de la 130e session des ministres arabes des Affaires étrangères. Examinée et adoptée par les experts et les délégués, "la banque de données arabe", compte, désormais, parmi les institutions de la Ligue arabe. Le projet sera concrétisé par la contribution de plusieurs institutions scientifiques et culturelles arabes respectives. Les présidents desdites institutions représentent chaque pays arabe au sein de la haute structure.
Z. M.
Les approches du Professeur émérite ont porté sur la langue arabe par rapport aux langues universelles, et, notamment celles qui véhiculent le savoir, les sciences, la culture et la civilsation. Cela étant, l’on est arabe, a-t-il souligné, non pas ethniquement mais par la langue. Et la langue arabe, comme toutes les langues, telle une monnaie, est sujette à aussi bien une augmentation de sa valeur, qu’à sa diminution. La valeur d’une langue reflète celle de la communauté qui l’utilise. Plus le contenu est consistant, plus le contenant a de la valeur.
Le Professeur Hadj-Salah n’a pas manqué, lors de son intervention, de rappeler les vertus du multilinguisme. Se couper des langues étrangères, c’est se couper du renouvellement des connaissances, a souligné l’orateur. Le problème se ramène à comment contribuer à être soi-même, sans fermeture totale sur soi, fait-il remarquer. L’une des faiblesses des pays en voie de développement est de ne jamais distinguer dans le domaine socio-culturel entre ce qui est vraiment universel (mode de vie et de pensée) et ce qui est très spécial à un pays, telle qu’une simple tradition ou une mode passagère. Même si on en a conscience, on n’essaie pas d’adapter le modèle extérieur à nos capacités réelles d’abord et à nos spécificités, c’est-à-dire tenir compte de la possibilité matérielle d’utiliser ce modèle d’une façon non aliénante et de l’adapter, par conséquent, aux exigences d’une situation économico-socio-culturelle issue d’un long passé, tout en étant résolument tournés vers un avenir prospère parce qu’ouvert et non fermée sur lui-même.
L’aspect lié aux technologies a aussi été évoqué par le conférencier qui est, faut-il le rappeler, l’initiateur du projet de "banque arabe de données" , un répertoire de textes et de terminologie d'usage de la langue arabe tout en introduisant des anciens lexiques comme "Lissane al-arab" et les dictionnaire bilingues. Proposée par l'Algérie, "la banque de données arabe" est un répertoire pour la collecte des données et informations sur le patrimoine arabo-islamique et les ouvrages littéraires et scientifiques en langue arabe. Ce projet a été inscrit officiellement à l'ordre du jour de la 130e session des ministres arabes des Affaires étrangères. Examinée et adoptée par les experts et les délégués, "la banque de données arabe", compte, désormais, parmi les institutions de la Ligue arabe. Le projet sera concrétisé par la contribution de plusieurs institutions scientifiques et culturelles arabes respectives. Les présidents desdites institutions représentent chaque pays arabe au sein de la haute structure.
Z. M.