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Sénégal : "Multiculturalité et plurilinguisme", un programme de sauvegarde...

... du patrimoine de contes et récits populaires

Source : Agence de Presse Sénégalaise

Dakar, 4 fév (APS) – Neuf étudiants de l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar sillonnent depuis le 1-er février le pays pour recueillir des récits populaires et contes "authentiques", dans le cadre du programme "Multiculturalité et plurilinguisme" lancé par l’organisation internationale Union Latine.

Appuyé par la Coopération espagnole, le programme est mis en oeuvre en collaboration avec les ministères sénégalais de la Culture, de l’Enseignement préscolaire, de l’Elémentaire, du Moyen secondaire et des Langues nationales.

Jusqu’au 31 mars prochain, ces enquêteurs iront dans les villages de Guelor (Mbour), Sindina (Sédhiou), Kanikou (Goudomp), Ndoffène (Diourbel), Edan et Indar (Kédougou), Waoundé et Dondou (Matam), etc. Neuf langues sont concernées : pulaar, soninké, bassari, mandingue, ballante, wolof, diola, mbëdik et sérère.

Dans la même période, un travail similaire sera mené au Cap-Vert et en Guinée-Bissau, les autres pays concernés par le projet. A l’issue du travail de collecte, il sera procédé à la sélection définitive de 30 textes, qui seront transcrits, traduits en français, portugais et espagnol.

Avant l’édition et la remise des supports (livres multilingues, DVD et CD), des ateliers de validation seront organisés dans les trois pays ciblés par le programme "Multiculturalité et plurilinguisme". Le mois de janvier a été consacré à la finalisation des documents stratégiques de travail.

Les étudiants chargés de recueillir les contes et récits sont dotés d’équipements technologiques divers : caméras, enregistreurs de sons, appareils photos…

Selon la note de présentation, "le projet s’inscrit dans la recherche, la collecte et l’exploitation pédagogique d’éléments oraux du patrimoine culturel de plusieurs pays subsahariens et se concrétise par l’élaboration d’un corpus de matériels didactiques dans la cadre général de l’éducation pour le développement civique et dans le respect de la diversité culturelle."

"Il s’agit, en somme, de mettre à la disposition des élèves, de différents niveaux éducatifs, des outils qui leur permettent de valoriser des récits qui, si rien n’était fait dans l’immédiat pour les conserver, pourraient disparaître définitivement", précise le document, relevant qu’il existe "une nécessité de redécouvrir les univers poétiques et imaginatifs qui entourent l’étudiant et l’enseignant."

Le projet qui est situé dans des pays où cohabitent, en plus des langues autochtones, quelques langues romanes, comme premières ou secondes langues, vise "la préservation des contes populaires de la plus pure tradition orale et en danger de disparition pour, en plus de les préserver dans leur forme originale, faire d’eux un matériel pédagogique de première main pour l’enseignement des langues et des cultures."

Le programme qui couvre toute l’année 2012, est mis en œuvre pour éviter les "risques évidents d’uniformisation des modes et moyens d’expression qui peuvent provoquer la perte du patrimoine culturel des pays économiquement plus fragiles (…)"

"Pour que le métissage des traditions communes puisse se faire, la défense des patrimoines culturels locaux devient une nécessité et le respect de la diversité culturelle implique, en outre, une exigence immédiate : valorisation et traitement équitables de toutes les différences", poursuit la note de présentation.

Selon le texte, les élèves et étudiants des régions impliquées dans ce projet vivent une situation linguistique paradoxale, qui fait que la langue de scolarisation qu’ils utilisent est étrangère à l’espace extérieur de l’école.

Le document de présentation souligne que, contrairement aux mythes et légendes localisables dans les familles, "les contes, genre populaire par excellence, présentent plus de difficultés pour être collectés dans leur version originale".

"Multiculturalité et plurilinguisme" veut aussi parer à "la lente disparition des dépositaires des textes, des informateurs qui permettaient jusqu’à présent la réalisation des collectes d’envergure". Celles qui existent à ce jour "obéissent exclusivement à des nécessités scolaires et sont réalisées dans les grandes villes, alors que les récits +authentiques+ se trouvent ailleurs.

ADC/BK