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Nederlands, AUB (en néerlandais, s.v.p) : les communes de Bruxelles, critiquées pour leur partialités envers le français

Jeudi 6 mai 2021, par Lauren Walker. L'article original en anglais est disponible ici

Crédit : Ville de Bruxelles

Les communes de Bruxelles rencontrent des critiques de la part de citoyens et politiciens, convaincus que ces-dernières proposent des services disproportionnés aux citoyens francophones, laissant les locuteurs néerlandohpones et anglophones face à une difficulté d'accès à des services vitaux.

Bruxelles étant une ville officiellement bilingue, sa loi linguistique affirme que les fonctionnaires détenteurs d’un contrat permanent doivent pouvoir s'adresser au public dans les deux langues "sans aucune difficulté". Cependant, d'après les dernières données publiées l'année dernière par le vice-gouverneur de la région, 1 829 des 3 123 décisions relatives à des contrats permanents à Bruxelles ont été prises en violation de cette loi.
"Les gens en ont vraiment assez de se rendre à la municipalité et de devoir attendre longtemps car il n'y a pas d'employé qui parle le néerlandais pour répondre à leurs questions dans leur propre langue." C'est ce qu'a déclaré Fouad Ahidar, président du Conseil de la Commission communautaire Flamande, au Brussel Times.
Dans certains cas, la commune est en mesure de prouver qu'un employé détenteur d'un contrat permanent fournit les efforts nécessaires à l'application des lois linguistiques, signifiant que les suspensions peuvent être levées.
Dans d'autres, les communes peuvent décider de révoquer ou de maintenir la décision de suspension. Toutefois, seule la région peut mettre fin à une décision de contrat et en 2019, aucune décision n'a été révoquée après une suspension justifiée par le non-respect de la législation linguistique.

 Ahidar affirme que pour atteindre l'égalité linguistique, les communes et le vice-gouverneur qui aident à décider des suspensions doivent tous se montrer plus stricts.
"Ils faut qu'ils disent : "Si vous voulez obtenir un contrat permanent, vous devez au moins posséder des connaissances dans les deux langues." Ils ne sont même pas obligés de connaître tout le vocabulaire, mais ils doivent être en mesure d'aider les citoyens. Sinon, ils ne devraient pas être autorisés à travailler dans les communes." explique Ahidar.
Le bilinguisme est requis pour tous les postes à pourvoir d'après Fabrice Voogt, porte-parole d'Ahmed El Ktibi, Echevin de l'Etat civil, de la Population, de la Démographie et de la Solidarité Internationale. "Mais parfois, nous avons du mal à trouver des candidats bilingues", a-t-il dit au Brussels Times.

Un apprentissage qui dure toute une vie

D'après Ahidar, ce manque de recrues néerlandophones est en partie dû à des standards trop bas en termes d’enseignement des langues dans les écoles francophones. Il ajoute qu'il en résulte "un cercle vicieux qu'il faut briser à Bruxelles."
"Dans les systèmes éducatifs francophones à Bruxelles, moins de 10% des élèves obtiennent leur diplôme avec une connaissance décente du néerlandais. Alors il ne faut pas s'étonner si plus tard on manque de personnes bilingues pour les postes gouvernementaux", explique Ahidar.

Pour Ahidar, une solution consiste à enseigner aux fonctionnaires déjà en service dans les communes le niveau de bilinguisme requis par les lois sur les langues.
En réponse aux questions concernant le manque de fonctionnaires avec une connaissance du néerlandais au parlement, Bernard Clerfayt, ministre bruxellois chargé de l'Emploi et les Autorités locales ont mentionné L'Ecole Régionale d'Administration Publique (ERAP). Celle-ci propose des cours de langues aux fonctionnaires et reçoit plus de 3 millions d'euros de subventions gouvernementales.
D'après Ahidar, il est maintenant l'heure pour les communes de faire leur part du travail et d'encourager - ou d'obliger - les fonctionnaires bruxellois à suivre des cours de néerlandais.
Jens Popelier, porte-parole de la ministre du cabinet de Bruxelles des affaires flamandes Ans Persoonsa, a annoncé au Brussels Times que les communes proposent des avantages financiers aux employés qui passent le test officiel du gouvernement, appelé le test Selor.
Maïté Van Rampelbergh, porte-parole de Philippe Close et maire de Bruxelles, a expliqué qu'ils ont conscience du problème et qu'ils œuvrent à l'établissement du néerlandais en tant que langue à part entière en améliorant la formation linguistique des fonctionnaires. Ils ont néanmoins insisté sur le fait que : "c'est très long de faire toute l'éducation de la génération bruxelloise future et d'améliorer l'éducation des générations présentes".
Van Rampelbergh et Popelier ont tous deux ajouté que les communes font aussi la promotion du néerlandais de manière plus pratique, en partageant avec les employés des documents avec des courriels typiques en néerlandais ou en envoyant toutes les deux semaines des courriels en interne contenant des conseils linguistiques.

Le néerlandais d'abord, l’anglais ensuite ?

La promotion du plurilinguisme à Bruxelles ne doit pas nécessairement s'arrêter au néerlandais dès la mise en place d'un système efficace. Ahidar explique qu'il n'y a pas de raison pour laquelle l'anglais ne pourrait recevoir un statut plus permanent, y compris dans le service des communes.
"Mon parti est favorable à l'idée de faire de l'anglais une langue officielle, à Bruxelles certainement, afin que le ville puisse pleinement revendiquer son statut de capitale Européenne. De nombreuses personnes qui ne parlent ni le français, ni le néerlandais viennent vivre ici, nous devons donc proposer des services qui leur permettront de bien se sentir inclus", a expliqué Ahidar.
Selon Sven Gatz, ministre bruxellois chargé de la promotion du plurilinguisme, la gestion de la crise du coronavirus par les gouvernements régionaux a été l'élément déclencheur des "premier mouvements" de remaniement du système de langues en Belgique.

 "Cela nous a aussi apporté l'occasion de discuter du plurilinguisme dans le pays et de la modernisation de la loi. Faire de l'anglais une des langues principales à Bruxelles pourrait être une première étape", a expliqué Gatz au Brussels Times.
Ahidar a souligné le fait que cette promotion du plurilinguisme est non seulement importante pour les communes mais aussi dans les autres services publics y compris les hôpitaux ou les postes de police, afin de permettre à tous de parler dans leurs langues natales, en particulier dans des situations où ils doivent parler de sujets personnels ou sensibles.
Mais cela va au-delà de simplement la langue. Ces services sont là pour aider les gens et si les employés ne sont pas là pour les aider, et bien ils ne devraient pas remplir ces postes. Ils devraient tout faire pour aider les citoyens avec le sourire et s'ils n'en sont pas capables, ils devraient s'en aller.", a conclu Ahidar.
Traduit de l'anglais par Auriane De Poorter.