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L’aménagement du créole piégé par le "populisme linguistique" des créolistes fondamentalistes (Robert Berrouët-Oriol)

Existe-il une « guerre des langues » en Haïti ? La Constitution haïtienne de 1987 –qui, dans son « Préambule » et aux articles 5 et 40, consigne la co-officialisation du créole et du français--, autorise-t-elle la diabolisation du français affublé de l’infâmante étiquette de « langue du colon », langue de la « gwojemoni neyokolonyal » ? Faut-il, au nom du légitime combat citoyen pour l’aménagement du créole, en particulier dans l’École haïtienne, promouvoir le « déchouquage » du français adossé à l’idée « fo mamit » d’un monolinguisme aussi borné qu’inconstitutionnel ? Comment comprendre et situer les idées sectaires et dogmatiques des « créolistes » fondamentalistes à propos de l’aménagement du créole lorsque, tournant le dos aux sciences du langage et à la jurilinguistique, ils alimentent une conflictuelle et inconstitutionnelle « fatwa » contre le patrimoine historique francophone d’Haïti ? Les professeurs de créole, en Haïti, devraient-ils se laisser enfermer dans une rachitique et inconstitutionnelle « fatwa » décrétée par les Ayatollahs du créole et selon laquelle le français serait le principal responsable de l’échec multifacette de l’École haïtienne ? Les professeurs de créole, en Haïti, devraient-ils enseigner à leurs élèves l’idée « fo mamit » qu’il faudrait aventureusement rejeter en bloc le patrimoine linguistique francophone d’Haïti, y compris l’Acte de l’Indépendance d’Haïti daté du 1er janvier 1804, rédigé uniquement en français, ainsi que tous les textes officiels du pays (lois, décrets-lois, Constitutions, conventions, Code civil, Code du travail, etc.) rédigés uniquement en français ? Autrement dit, les professeurs de créole, en Haïti, devraient-ils se laisser enfermer dans une vision borgne, celle du populisme linguistique, qui interdit le libre exercice de l’esprit critique et analytique ?

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