Cette langue jadis prestigieuse est souvent méprisée. A tort.
On peut le regretter, mais c’est ainsi : même dans le petit monde des langues régionales, il existe une hiérarchie. Généralement, un respect spontané s’impose devant le locuteur du basque, du breton, de l’occitan et du corse, a fortiori quand ce dernier arbore une cagoule et un fusil-mitrailleur (je blague !). Rien de tel, en revanche, pour l’infortuné picardisant. Neuf fois sur dix, le malheureux aura droit (au mieux) à un très condescendant "Il est rigolo, ton patois", accompagné d’un exaspérant sourire de commisération. Et pourtant… Cette langue a connu un passé extraordinairement prestigieux, qu’il n’est sans doute pas inutile de rappeler :...