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La culture africaine, une communication de 1983 de Leopold Sédar Senghor devant l'Académie des sciences morales et politiques

Les biologistes actuels, s’appuyant sur la caractérologie et les tableaux numériques des groupes sanguins, concluent à l’unité culturelle du continent dit « noir ». Ce que confirme l’étude comparée des arts traditionnels africains et de la philosophie africaine.

Pour les Grecs, créateurs de la philosophie européenne, la philosophie consiste en la recherche de la Sophia ou sagesse, « connaissance des premières causes et des principes des êtres », étant entendu que Dieu est, au-delà de la matière, « cause première et fin ultime ». Les Africains ne posent pas autrement le problème, si ce n’est que Dieu est, plus encore que l’Intelligence, la « Force des forces » qui anime la vie de l’univers.

C’est en imitant Dieu, en animant la vie cachée sous les signes sensibles du monde, que l’art africain remplit son rôle. En témoignent la poésie, la musique et la sculpture qui répondent à la définition de l’art africain : « une image ou un ensemble d’images symboliques, mélodieuses et rythmées ».

Depuis Bergson et la réhabilitation de la raison intuitive, le dialogue des cultures s’est engagé, et la civilisation de l’Universel a commencé de s’édifier, où l’Afrique joue un rôle essentiel et déterminant.

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Si j’ai choisi de parler de la Culture africaine, c’est qu’en ce dernier quart du XXe siècle, nous achevons de bâtir, nolentes, volentes, cette « Civilisation de l’Universel » que Pierre Teilhard de Chardin nous annonçait pour l’aube du deuxième millénaire. Une civilisation qui serait composée des apports, complémentaires, de tous les continents et de toutes les races, sinon de toutes les nations. Et, à ce « rendez-vous du donner et du recevoir », pour parler comme Aimé Césaire, les Africains ne viendront pas les mains vides. Ils apportent, ils ont déjà commencé d’apporter leur culture.

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