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La langue maternelle, une part d’identité avec soi ? (Hannah Arendt)

Entretien avec Parham Shahrjerdi, interprète au Centre Primo Levi, écrivain, éditeur et traducteur. (CAIRN)

La langue maternelle est-elle un support identitaire dans l’exil ?

2 Dans La Langue maternelle[1], Hannah Arendt apporte une réflexion sur ce qui l’unit en tant que personne étrangère à sa langue d’origine. Pour elle, cela permettait de rester liée à quelque chose, un invisible, absent et présent en même temps, puisque la patrie et le pays ont été quittés il y a fort longtemps. Ici, j’aimerais citer cette parole de Maurice Blanchot : « Quand tout a disparu dans la nuit, “tout a disparu” apparaît. » En substance, nous sommes toujours hantés par notre propre langue, ce que nous avons laissé « parle » à travers elle, et parfois, arraché de tout, la transplantation ne prend pas. La langue hôte n’est pas en mesure d’accueillir toute une vie, toute une perte, en peu de mots, en peu de temps.

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[1]Hannah Arendt, La Langue maternelle, Éditions Étérotopia, 2015.