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Calin-Andrei MIHAILESCU, écrivain, philosophe

Plus profondes que l’œcuménisme, dont l’écume suffoque les différences, les vagues du plurilinguisme me permettent d’être chez moi dans le mouvement... (extrait du Livre d'Or "Les intellectuels et artistes pour le plurilinguisme et la diversité culturelle" en cours d'écriture dans le cadre de la journée du 23 juin à l'UNESCO)

Plus profondes que l’œcuménisme, dont l’écume suffoque les différences, les vagues du plurilinguisme me permettent d’être chez moi dans le mouvement. Donc j’écris en plusieurs langues qui me redonnent chaque « toi » pour oublier Babel. Les langues, on les apprend par chœur : les niaiseries de l’amour polonais, les tristesses créoles, the broken English biz, le jadis sanskrit, le lendemain chinois, le conte farsi. Allongées en deçà, les langues me convertissent en – avouable prisme – traducteur du moi en toi. C’est le génie des langues, leur pluriel genre sans gène, qui assourdit les aboiements de la langue de bois de l’Un. Les fanatismes et les virulences du pouvoir souffrent de mal de langue ; les langues plurielles défendent – pour nous l’illustrer – la grâce.

(Cãlin-Andrei Mihãilescu)

                                                     

Cãlin-Andrei Mihãilescu; roumain-canadien; ecrivain, philosophe. Livres: (en roumain) 16-17 : Renaissance, Maniérisme, Baroque ; Un pays europprimé ; Calendrier nocturne ; Don Global à cheval ; L’Antropomorphine ; Comment était-il ? Comme ça… Souvenirs des années du communisme; Fiction Updated ; Ars Rhetorica ; L’Art de la poésie par J.L. Borges; des centaines de textes plus courts – aussi en français et espagnol.