Logo de l'OEP
Logo de l'OEP

Langue française aux JO: les francophones apprécient l'effort


Zuletzt aktualisiert: 28 Feb 2010

Publié sur TV5Monde le 22 février 2010

VANCOUVER, 22 fév 2010 (AFP) - 23.02.2010 09:05

Les défenseurs du français estiment que les organisateurs des Jeux de Vancouver ont fait de vrais efforts pour promouvoir la langue française, malgré les critiques de politiques canadiens après la cérémonie d'ouverture des Jeux.

Vancouver est une ville anglophone, où la deuxième langue est le mandarin, en raison de la très importante communauté chinoise. Mais le Français, langue officielle au Canada et aux jeux Olympiques, est néanmoins très présent pendant cette quinzaine de compétitions.

"C'est bien différent des Jeux de Pékin", constate Christine Sotteau, directrice générale de la Fédération des Francophones de Colombie-Britannique (la région de Vancouver). "Nous en tant que Canadiens, on était en droit d'avoir une vraie représentation du français dans ces JO, pas seulement parce que c'est la langue officielle de l'Olympisme".

Les JO ne feront pas de Vancouver une ville francophone, mais le français a bel et bien conquis l'espace public depuis le début des Jeux, et pas seulement sur les panneaux de signalisation.

Un peu à l'écart de la frénésie du centre-ville, la Place de la Francophonie propose plus de 100 spectacles d'artistes francophones internationaux, et les retransmissions des compétitions en français, dans une ambiance bistrot.

Et malgré les critiques lancées par des personnalités politiques canadiennes, y compris anglophones, regrettant le manque de français pendant la cérémonie d'ouverture, le 12 février, les francophones de Vancouver et d'ailleurs sont globalement satisfaits.

En visite à Vancouver, dans le cadre de sa mission de Grand Témoin de la Francophonie, le Suisse Pascal Couchepin partageait le même sentiment à l'issue de la cérémonie d'ouverture, mais sur le terrain, le contrat a été rempli, selon lui.

"On a résolu au cours des derniers mois les problèmes d'inscriptions bilingues, lorsque des annonces sont faites sur les sites olympiques, elles le sont en français et en anglais, il y a des bénévoles francophones" note-t-il.

Même Alexandre Paulin, chansonnier de Montréal qui se décrit comme un "défenseur de la langue française" se dit "surpris" par la présence de la langue de Molière pendant les Jeux, tant au niveau de l'accueil par les bénévoles que de la signalisation.

"En arrivant à Vancouver, je m'attendais à me retrouver en terre inconnue", confie cet artiste qui se produit chaque jour à la maison du Québec, le pavillon de la Belle Province pendant les JO.

La polémique autour de la cérémonie d'ouverture aura pourtant montré encore une fois que la défense du français est un sujet épineux dans le Canada bilingue et multiculturel, marqué par le poids des souverainistes québécois au parlement d'Ottawa.

"C'est bien que ce soient les Canadiens qui relèvent publiquement le manque de français pendant les JO", commente avec diplomatie Pascal Couchepin, ancien président de la Confédération suisse, qui compte trois langues officielles: "c'est d'abord le problème de leur politique culturelle. Au Canada, le français est un combat de tous les jours".