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Sénégal : Quelle politique linguistique pour le plein exercice de la citoyenneté ?


Última actualización: 13 May 2012

9 mai 2012

«Il ne faut pas considérer les langues européennes comme de riches diamants enfermés sous une cloche et dont les brillants reflets nous aveuglent ; l’attention doit être fixée plutôt sur le processus historique de leur formation. Notre raison devient alors créatrice en s’apercevant que de telles voies sont praticables par tous». Cheikh Anta Diop, Les fondements culturels, techniques et industriels d’un futur État fédéral d’Afrique noire, Paris, Présence africaine, 114 pages, 1960. Il est à souhaiter que l’effacement des langues nationales de l’intitulé du ministère de l’Education ne fasse pas oublier l’impérieuse nécessité - non seulement pour le Sénégal mais aussi pour les autres pays africains anciennement colonisés par la France - de mettre fin à l’exclusion des langues nationales de la sphère publique. Il s’agit de donner un statut officiel à ces dernières à côté du français, selon des modalités à déterminer par une planification linguistique appropriée. Les statistiques publiées par la Francophonie sur le nombre de francophones (1), sont édifiantes à ce sujet : Mauritanie 5,0 %, Bénin 8,8 %, Burkina Faso 5,0 %, Mali 8,2 %, Niger 9,0 %, Sénégal 10,0 % de francophones Togo 32,8 %. Le cas du Sénégal est particulièrement préoccupant quand on sait que le français y est enseigné depuis plus de deux cents ans avec Jean Dard, pédagogue et instituteur français qui institua l’enseignement bilingue français-wolof à Saint-Louis, l’ancienne capitale, en 1817. Lire la suite...