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Le plurilinguisme en Flandre au Moyen Age (H. Prévenier&Th. de Hemptinne)

Un pays de trilinguisme administratif1
Walter Prevenier, Professeur émérite à l’université de Gand, Vlieguit 14, B–9830 Sint-Martens-Latem. Esta dirección de correo electrónico está siendo protegida contra los robots de spam. Necesita tener JavaScript habilitado para poder verlo.et Thérèse de Hemptinne

Professeur à l’université de Gand, Vakgroep Middeleeuwse Geschiedenis, Blandijnberg 2, B–9000 Gent. Esta dirección de correo electrónico está siendo protegida contra los robots de spam. Necesita tener JavaScript habilitado para poder verlo.

Sommaire
La prédominance du latin avant 1200 - L’introduction du français et du néerlandais : contexte culturel - Français et néerlandais dans les chartes - Les succès du vernaculaire : aspects sociaux et culturels - Les succès du vernaculaire : milieux économiques - Le plurilinguisme - L’impact des marchands - L’impact de la communication sociale - Conclusion -

Résumé

Le plurilinguisme dans la vie publique et dans l’administration des comtes et des villes de Flandre est le résultat de l’existence d’une multitude de destinataires et de la diversité sociale et intellectuelle des auteurs d’actes (clercs, nobles, citadins). Chaque groupe cultivait des traditions spécifiques, des compétences spécifiques, des besoins spécifiques. Le latin, d’usage littéraire, scientifique et diplomatique exclusif avant 1200, demeura important à la chancellerie des princes, dans la bureaucratie intérieure des institutions ecclésiastiques, chez les notaires. Le français, d’usage littéraire dans les cours princières et dans le milieu noble, fut aussi langue des élites urbaines en Flandre et des hommes d’affaires pour le commerce international. Le néerlandais, enfin, fut en usage dès la participation (au cours du XIIIe siècle) d’une nouvelle élite bourgeoise, des femmes et du petit peuple à la consommation de littérature et à la production et l’utilisation de documents. Dans la plupart des villes, les trois langues furent maniées simultanément, répondant aux besoins parallèles de plusieurs publics et en fonction de plusieurs objectifs. Les contrastes et les préférences dans l’usage des langues, d’une ville à une autre, ne sont pas conditionnés par la langue maternelle en usage sur place, car, pour la très grande majorité de la population de Flandre, cette langue est partout le néerlandais, et pourtant le français et le latin y sont bien présents. La diversité doit être attribuée plutôt à quelques variables, dont l’émancipation socio-économique et socioculturelle précoce ou tardive, les stratégies commerciales et politiques de groupes d’intérêt, l’usage volontaire du français, comme langue de prestige social, par les élites urbaines, imitant la vie de la cour comtale, la spécificité économique des villes.

1in La Langue des Actes, Actes du XIe Congrès international de Diplomatique, sous la direction d’Olivier Guyotjeannin, Editions en Ligne de l’Ecole des Chartes (ELEC): http://elec.enc.sorbonne.fr/document174.html