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Comment enseigner une langue difficile et minoritaire (Le café pédagogique)

Je n’utilise pas encore la baladodiffusion, mais j’y réfléchis sérieusement, et ce depuis une demande émanant non pas de l’Institution, mais des élèves. Comme j’insistais sur l’importance de la phonétique et de l’intonation en russe, et leur reprochais de parler le russe « comme des francophones qui mettent un point d’honneur à parler les langues étrangères avec la platitude du français » (on est parfois un peu vif en classe !), ce groupe d’élèves de première se situant à 150 kilomètres de leur professeur a argumenté que, s’ils avaient autant d’occasions qu’ils voulaient d’entendre de l’anglais, ils aimeraient bien avoir l’opportunité d’écouter aussi des chansons en russe (comprenez dans leur baladeur, puisque c’est l’outil que cette génération privilégie naturellement). Donc ils réclament, en accord avec les nouveaux programmes de seconde, d’augmenter la masse critique d’exposition à la langue. Ma réaction dans l’urgence a été de leur offrir pour Noël une liste du type « TOP 10  des chansons de variété russe de l’année 2009 », avec les liens nécessaires sur la Toile pour les écouter, voir les clips, les télécharger et lire les paroles. J’ai bien sûr sélectionné les chansons sur des critères alliant plaisir et culture, écartant ce qui me paraissait indigne d’être conseillé par un éducateur !

Nous nous situons là dans une démarche naturelle et dans le plaisir d’écouter une langue étrangère. On peut aller plus loin dans la didactisation, et c’est ce que je me propose de faire maintenant. Je vais commencer à proposer pour toutes les séquences une liste de documents sonores à télécharger en complément. De façon facultative et pour le plaisir. C’est l’expérience qui montrera s’il est intéressant de passer à une étape plus dirigée, avec des écoutes obligatoires en dehors du cours et des évaluations. Pour le moment j’ai peur que les élèves ne se soustraient à une tâche qui transformerait la source de plaisir en devoir supplémentaire. Pour moi, l’utilisation du baladeur rejoint celle du jeu en classe. La part affective doit rester intacte pour obtenir un résultat positif dans l’apprentissage.

Comme toujours lorsqu’on parle de TICE, la question des équipements se pose. Les pratiques actuelles se font le plus souvent en prenant appui sur les outils personnels des élèves. Dans mon lycée de rattachement, nous avons monté un projet d’équipement d’espace-langues et le téléchargement de fichiers audio ou vidéo pourra s’y faire d’une part de façon encadrée et légale, d’autre part sur le matériel fourni à cet usage par l’établissement.

Par contre je pratique depuis maintenant plus de dix ans la vidéoconférence. Et tout d’abord, je voudrais utiliser plutôt le terme de visioconférence, qui est un synonyme plus utilisé en France, d’autant que le mot « vidéo » renvoie dans notre esprit à une notion d’enregistrement, or nous sommes en classe en parfaite interactivité avec les élèves, rien n’est enregistré.

En quoi l’utilisation de cet outil de communication a-t-il révolutionné l’enseignement des langues ?

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