La crise moderne du sujet trouve une expression emblématique dans la lit- térature plurilingue. Si le plurilinguisme englobe la parole singulière dans un fait linguistique collectif, le locuteur plurilingue négocie en permanence une identité qui est confrontée à plusieurs manières de se dire et de se repré- senter, ainsi qu’à des appartenances plurielles. Cette situation – très répan- due de nos jours – reste peu étudiée, en particulier en littérature, d’autant plus que, comme l’écrit Jean-Marie Prieur, le sujet a été longtemps le grand « absent de la scène linguistique ».