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Langue(s) d'écrivain (Strasbourg, 2 et 3 oct.)

Information publiée sur fabula.org le samedi 19 septembre 2009 par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (source : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Du 2 octobre 2009 au 3 octobre 2009, Université de Strasbourg

Les équipe d'accueil Culture et Histoire dans l'Espace Roman (C.H.E.R., EA4376) et Goupe d'Études Orientales (G.E.O., EA1340) de l'Université de Strasbourg organisent un colloque international intitulé « Langue(s) d'écrivain », les 2 et 3 octobre 2009 (9h-18h), au Collège doctoral européen de Strasbourg (Boulevard de la Victoire). 

Le colloque réunit quatre écrivains étrangers (romanciers, nouvellistes, poètes et essayistes) dont trois résidant en France: Nedim Gürsel (Turquie), Vassili Alexakis (Grèce), Abdelfattah Kilito (Maroc), et Khalid Ijad Hassan (Irac). Pris entre la langue mère et la langue d'accueil, la langue de l'autre, ils dialogueront sur cette question du choix de la langue d'écriture et du bilinguisme, largement évoquée dans des écrits comme Les mots étrangers (Vassili Alexakis), Les mots de l'exil (Nedim Gürsel) ou Tu ne parleras pas ma langue (Abdelfattah Kilito). Le colloque sera précédé, le 1er octobre à 19h15, à la librairie Quai des Brumes, de la présentation de l'édition française (Seuil) du dernier roman de Nedim Gürsel, en librairie à partir du 1er octobre, Les filles d'Allah, roman qui lui a valu récemment un procès en Turquie. La rencontre sera animée par deux spécialistes de la culture turque Stéphane De Tapia, directeur de recherches au CNRS et Paul Dumont, professeur, directeur du département d'études turques de l'Université de Strasbourg.

 

 

 

Dans une lettre du 06/11/1896, Sigmund Freud écrit que "le refoulement se présente comme un "défaut de traduction"". Dès lors, pouvons-nous poser l'hypothèse selon laquelle la traduction favoriserait la levée de refoulement ? Cette hypothèse débouche sur l'idée que dans leurs oeuvres, des écrivains comme S. Beckett, Julien Green ou V. Nabokov ont pu exprimer des fantaisies, fantasmes et affects qu'ils n'auraient sans doute pas pu éprouver et écrire dans une langue maternelle charriant avec elle les refoulements infantiles. La langue d'accueil favoriserait ainsi une créativité d'autant plus facile et grande que celle-ci se trouverait "libérée" des refoulements de fantaisies drainés et enfouis avec la langue maternelle. (Axe 1)

 

Qu'en est-il aussi des écrivains bilingues : quelle langue pour écrire ? (Axe 2)

 

Un siècle plus tard, Kadhim Jihad, dans un essai consacré à l'oeuvre de l'écrivain espagnol Juan Goytisolo, définit en ces termes un autre type de traduction dans le champ de la création littéraire, la traduction dite « interne » : elle est ce travail de « renvoi, dans un texte, à d'autres textes, à d'autres styles et à d'autres langues », « ce qui fait de l'oeuvre littéraire moderne un "patchwork", selon un mot de Deleuze, une "greffe" ou une "dissémination", selon des mots de Derrida. ». Cette autre modalité de la « traduction », inscrite dans le processus d'écriture, se fait manifeste au sein d'un espace textuel qui inclut et expose l'interculturalité et l'altérité au sein même de son énonciation. Choisir une autre langue, n'est-ce pas avant tout choisir la langue de l'Autre ? (Axe 3)

 

Les intervenants du colloque exploreront ces modalités de la « traduction » dans la création littéraire et leurs implications multiples au sein de la poétique des textes et du rapport de l'écrivain à la langue, au monde, à la littérature.

 

Programme :

 

G. Pirlot (Toulouse-Le Mirail, Pr., Psychanalyste) : Le prépuce de la langue maternelle circoncis par l'usage d'une langue seconde dans la création littéraire chez Beckett, Green et Nabokvw. – R. Baudin (Strasbourg) : Exprimer son intimité : la concurrence entre français et russe dans la correspondance d'exil d'Alexandre Radichtchev (1791-1802). – table ronde des quatre écrivains invités. –- A. Kilito(Rabat) : La langue, ma raison. – K.J.Hassan (INALCO) La traduction ern question-traduire la poésie en arabe. – X. Luffin (Univ. Libre de Bruxelles) : L'arabe, une nouvelle langue littéraire en Afrique ? Le cas de l'Erythrée. – S.Gasti (Paris IV) : Comment exprimer le sexe et l'amour chez Assia Djebbar. – N. Abi-Rached (Strasbourg) : Les langues secondes chez Alexandre Najjar, pourquoi ? – E.Garnier (Toulouse-Le Mirail) : Les « mots de passe » dans Les petites filles mortes ne grandissent pas, de Beth Escudé. – C. Egger (Aix-Marseille) : La théâtralisation de la langue chez Romero Esteo. – Y Llored (Nancy2) : Langages des traditions et fictions de l'histoire dans El sitio de los sitios de Juan Goytisolo. – J. Strauss (CNRS/Strasbourg) : Turcophonie-version ottomane ». – L. Savova (Paris III) : Traversées de l'étrangeté. La migration des langues au coeur du geste créateur d'Elias Canetti et de Vladimir Nabokov. – G. Puica (Strasbourg) : Théodore Cazaban : de l'interférence linguistique et culturelle au silence. – A. Starck-Adler (Univ. Haute Alsace) Isaac Bashevis Singer, entre le yiddish et l'anaglais. – L. Denooz (Nancy2) : Langue et construction identitaire d'écrivains arabes expatriés. – A. Sakkal (Strasbourg) : Rahar Ben Jelloun : entre les mots, les mots de la honte.

 

 

 

Les organisateurs :

 

Marie-Flore Beretta et Isabelle Reck (C.H.E .R.) et edgard Weber (G.E.O.)

 

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Adresse : Université de Strasbourg Dépt. D'Études ibériques et latino-améRicaines 22, rue Descartes 67084 Strasbourg Cedex