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La domination de l’anglais n’est pas une question linguistique (Margaret Vien, Chicoutimi)

Publié le 18 juil. 2024, Le Devoir

Un passage de la lettre de M. Claude Guay parue le 17 juillet me fait réagir : « [La langue française] a été supplantée par des langues écrites moins lourdes à porter, plus faciles à maîtriser et plus proches des langues parlées, plus proches enfin des connaissances et des réalités actuelles. »

L’anglais ne doit pas sa prépondérance actuelle à ses qualités propres ou à la prétendue facilité de son orthographe. En effet, l’orthographe de l’anglais, tout comme celle du français, n’est pas « transparente », c’est-à-dire qu’elle ne correspond pas en tous points à sa prononciation. Si c’était là le facteur clé, c’est une langue comme l’espagnol, très facile à écrire, qui tiendrait le haut du pavé. Son succès, l’anglais le doit à une conjoncture, comme ce fut le cas pour le français avant lui et pour le latin auparavant. Ce qui fait le succès ou l’infortune d’une langue, ce sont les forces en présence : géopolitiques et économiques surtout, mais aussi culturelles.

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